Dans ses perspectives économiques et stratégie d’investissement du deuxième trimestre 2009, la société Carmignac gestion confirme tout l’intérêt qu’elle porte aux marchés émergents, y compris via des investissements obligataires. Les marchés en question ayant profité du retour des perspectives de croissance favorables, l'équipe de gestion de la société de la place Vendôme explique avoir bénéficié d’une part de l’attrait pour les pays bénéficiant d’un relais de croissance endogène (Brésil, Chine - via les pays susceptibles de s’indexer à la demande chinoise comme la Corée) et d’une autre, du mouvement de convergence européenne de pays comme la Pologne. Les investissements réalisés ont porté principalement sur des dettes libellées en devises fortes (dollar et euro). Carmignac Gestion a souscrit, par exemple, au lancement d’un emprunt d’État coréen en dollar à 5 ans en profitant d’un surcroît de rendement de 4% au-delà du Bon du Trésor américain de même maturité. Dans un autre genre, des positions ont été prises pour profiter sur une baisse des taux au Brésil, via l’achat de dette locale de maturité 2012 offrant un rendement de 11,5%. Bien que le poids de ces stratégies sur les pays émergents reste modeste dans un fonds phare comme Carmignac Patrimoine (3,7% du portefeuille), la société de gestion a annoncé son intention de doubler cette allocation au gré des opportunités de marché.
Les fonds souverains retrouvent leur appétit pour les investissements sur les marchés occidentaux, note le Financial Times. Au premier trimestre 2009, ces investissements étaient descendus à leur plus bas niveau depuis 2005. Selon Monitor Group, les fonds souverains des pays du Golf et d’Asie ont réalisé 26 investissements d’une valeur de 6,8 milliards de dollars, soit une baisse de 50 % sur un an. Mais selon Stefan Kern, économiste à la Deutsche Bank, avec la hausse des marchés actions, les fonds souverains pourraient revenir sur les Bourses européennes et américaines.
Dirk Enderlein, gérant du Allianz RCM Europe Equity Growth et du Wachstum Europa d’Allianz Global Investors, anticipe un environnement inflationniste et pense que la croissance des bénéfices est de plus en plus difficile à trouver, rapporte CItywire.
Selon Investment Week, les gérants de hedge funds aux Etats-Unis achètent de l’or, anticipant une flambée des cours. Vingt des 22 gérants de hedge interrogés par Moonraker Fund Management affirment qu’ils achètent de l’or physique car ils redoutent que les programmes d’assouplissement quantitatif des gouvernements européens échouent et provoquent une forte hausse des prix.
Selon le Wall Street Journal, le fonds souverain China Investment Corp (200 milliards de dollars d’actifs) a alloué 500 millions de dollars à la filiale de fonds de fonds de Blackstone, et va confier des capitaux supplémentaires à la filiale de gestion d’actifs de Morgan Stanley. Cela s’inscrit dans le cadre de la stratégie du fonds souverain d’investir davantage dans les hedge funds. Le WSJ note que CIC a choisi des sociétés qu’il connaît bien, puisqu’il détient des participations dans les deux.
David Donora, executive director de l'équipe dédiée aux matières premières de Threadneedle s’attend à ce que le prix du pétrole reste stable d’ici à la fin de l’année. Il justifie cette position par une demande américaine qui devrait rester faible et des stocks historiquement élevés. Parallèlement, la demande en Asie émergente notamment et une production mondiale qui ne devrait pas augmenter compenseront les effets de la faible consommation américaine. David Donora souligne par ailleurs que dans les années 90, le cours du pétrole était relativement bas et que cela n’a pas empêché les marchés actions de bien performer.
La Banque Lombard Odier envisage «d’investir dans des actifs risqués au cours des prochains mois, en anticipant que le profil de rentabilité / risque devrait devenir plus attrayant à mesure que les acteurs du marchés retrouvent le sens des réalités». Ces dernières semaines, la banque avait positionné ses portefeuilles «de manière défensive», peut-on lire dans sa dernière lettre trimestrielle consacrée à la stratégie de placement à destination de sa clientèle privée. «Depuis des niveaux survendus en mars, le marché américain des actions s’est redressé à presque 11 fois le pic des bénéfices réalisés, caractéristique d’un marché qui, au mieux, se situe à sa juste valeur. Dans l’ensemble, nous sommes stratégiquement positifs mais tactiquement plus prudents à l’égard des places boursières des pays développés», commente Lombard Odier. «Les injections massives de liquidités qui ont alimenté les marchés actions des pays émergents, par l’intermédiaire de la forte augmentation des prêts bancaires, l’inflation des actifs monétaires, notamment en Chine. Avec une prime de presque 10% par rapport à celles de l’ensemble des pays développés, les actions des pays émergents peuvent souffrir des valorisations actuellement élevées et des faibles niveaux des primes de risques», ajoute la banque. Enfin, la banque remarque que «la demande de crédits est faible, voire inexistante, et les banques ne se prêtent pas entre elles. En conséquence, les banques nagent dans les liquidités et achètent en masse, pratiquement gratuitement, des emprunts d’Etat pour profiter des bénéfices qu’elles tireront de la différence entre le coût des liquidités et les rendements des emprunts d’Etat. Selon nous, les rendements des emprunts d’Etat resteront bas à long terme».
Beatrice Philippe, CIO et présidente de Philippe Investment Management, estime que les investisseurs pourraient être surpris par la reprise économique lorsqu’elle arrivera, selon Citywire. «Nous pourrions avoir une surprise aux troisième et quatrième trimestres de cette année ou au premier trimestre de l’année prochaine, lorsque la reprise sera plus forte que prévue», indique-t-elle. «Et si surprise il y a, je pense que ce sera que les gens ont sous-estimé la reprise, plutôt que l’inverse».
La crise financière touche particulièrement les fondations allemandes. Contrairement aux autres investisseurs institutionnels, elles ne peuvent pas attendre que les marchés boursiers se soient rétablis pour récupérer d'éventuelles pertes, car elles ont besoin des fonds pour mener à bien leurs missions sociales, rappelle la Börsen-Zeitung. Depuis mi- juillet, leurs actifs ont fondu de 10 %. En réaction à la baisse de leurs encours, les fondations ont donc majoritairement décidé de réduire fortement leur allocation en actions, indique Klaus Daumer, directeur d’Allianz Pension Consult, dans un entretien au journal.
Les gérants pensent que la stratégie multi-classes d’actifs est le placement de l’année, et le mettent en haut de la liste de développement de produits. Ainsi, selon une étude de Cerulli Associates citée par le Financial Times Fund Management, deux tiers des gérants d’Europe occidentale ont évalué la stratégie comme étant importante ou la plus importante. Les encours totaux sur cette stratégie aux Etats-Unis et en Europe représentaient environ 1.080 milliards de dollars en mai.
Qu’il s’agisse de la Bourse ou de l'économie américaine, les preuves s’accumulent en faveur du scénario selon lequel le pire semble derrière nous. C’est du moins ce que pense Bill Miller, CIO, gérant du Legg Mason Capital Management, pour qui, «clairement, l’aversion au risque extrême qui a caractérisé la période allant de début octobre à début mars est terminée, et, hors événement exogène ou erreur politique dramatique, il est peut probable qu’elle ne réapparaisse»."Cela a conduit à une hausse des prix pour presque toutes les classes d’actifs présentes sur le spectre du risque, hors emprunts du Trésor, une tendance qui devrait se poursuivre, puisque je pense que les bonnes affaires abondent sur le marché actions US», poursuit le gérant dans son commentaire trimestriel (deuxième trimestre). Bill Miller cite notamment le cas du secteur technologique, qui a, en moyenne, un excellent bilan, déborde de cash et se négocie avec une forte décote par rapport au marché en se basant sur le rendement du free cash flow. «Il devrait continuer à bien performer», indique-t-il. Le gérant évoque aussi les financières, qui ont été les leaders de la baisse, comme ce fut le cas lors de la dernière crise bancaire à la fin des années 1980 et du début des années 1990. «Les banques seront confrontées encore à une hausse des pertes de crédit l’année prochaine, mais cela ne devrait pas les empêcher d'être performantes en Bourse, comme cela fut le cas en 1991 lorsque la même chose est arrivée. Les bénéfices avant impôts, avant provisions dans les banques continuent d’augmenter, établissant un nouveau record le trimestre dernier, ce qui signifie qu’avec l’amélioration de l'économie, les banques devraient publier des résultats record (…)». Bill Miller estime qu’il existe trois risques endogènes : la hausse des taux d’intérêt, une forte hausse des prix des matières premières et des erreurs politiques. En revanche, l’inflation n’est pas une crainte majeure pour lui. De son avis, c’est plutôt la déflation qui pose problème.
Les investisseurs allemands ont de moins en moins confiance dans les fonds et les actions, révèle un récent sondage de TNS Infratest repris par Fondsprofessionell. Alors qu’il y a un an, un investisseur sur trois estimait que les fonds allemands et les actions étaient des éléments indispensables à une bonne allocation, ils ne sont aujourd’hui plus qu’un sur quatre. Le pessimisme est particulièrement palpable chez les investisseurs gagnant 2.500 euros et plus par mois, précise le sondage.
«L’application des nouvelles règles de solvabilité devrait diminuer la part des actifs risqués dans le portefeuille de Vauban Humanis, et potentiellement celle des actions», rapporte L’Agefi. Le groupe paritaire, qui affiche 3,1 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 500 millions de trésorerie à court terme, envisage cependant d’accroître la part des produits structurés, de l’alternatif et des FCPR. Il a aussi engagé depuis 2008 la réduction du nombre de ses gestionnaires, de 40 à 30 sociétés environ.
Les traders quantitatifs dominent tellement les marchés qu’ils créent autant d’inefficiences de marché qu’ils en exploitent, selon Bill Miller, président et CIO de Legg Mason Capital Management, dont les propos sont rapportés par Financial Times Fund Management. «Les transactions algorithmiques ont tendance à amplifier les tendances», estime le célèbre gérant. Ce dernier a d’ailleurs modifié son processus d’investissement l’année dernière pour profiter de l’impact de ces transactions.
Selon un sondage effectué par l’association Deutscher Derivate Verband en coopération avec les portails financiers OnVista, Finanzen.net et Finanztreff.de auprès de 4.000 internautes, 55,32 % des personnes interrogées ont indiqué qu’elles ne tiennent pas compte de critères éthiques ou écologiques dans leurs décisions de placement. D’un autre côté, rapporte fondsprofessionell, 4,4 % du panel ont précisé qu’ils font un grand cas de ces critères lorsqu’il s’agit d’investir.
«Le message est on ne peut plus clair: la fin de la récession point à l’horizon», estime Joost van Leenders, stratégiste allocation d’actifs de Fortis Investments dans son point hebdomadaire sur la stratégie, évoquant la situation aux Etats-Unis. «Les statistiques publiées au cours de ces deux dernières semaines confortent la vision selon laquelle la fin de la récession serait en vue auxÉtats-Unis. Il apparaît clairement qu’après le déclin dramatique de l’hiver dernier, la demande finale s’est finalement stabilisée. Entre-temps, l’indicateur avancé du Conference Board s’est apprécié pour le troisième mois consécutif. Précédemment, l’évolution de cet indicateur s’est avéré un bon baromètre de l’économie», argumente-t-il. Par ailleurs,"en observant la croissance depuis le début de l’année, il apparaît clairement que la Chine s’est rétablie de façon fulgurante». Dans ce contexte, «nous sommes de plus en plus optimistes à l’égard des actifs risqués (crédit «investment grade» et à haut rendement, actions et dette émergentes), mais sommes plus circonspects concernant une exposition franche aux actions», indique Joost van Leenders. «Les marges bénéficiaires devraient rester sous pression pendant une période de reprise inférieure aux attentes, alors que les prévisions d’un redressement des résultats demeurent étrangement optimistes».
Selon l'étude «The Time to Lead is Now: The Adoption of ESG Analysis by Asian Government Pensions Funds» de l’Association for Sustainable & Responsible Investment in Asia (Asria), la majorité des fonds de pension asiatiques ont du retard en matière d’adoption de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Néanmoins, certains grands noms du secteur ont déjà mis en place des directives en matière de gouvernance et de politique d’exercice des droits de vote, rapporte Global Pensions. C’est le cas notamment du National Pension Corporation en Corée du Sud, du Employees’ Provident Fund en Malaisie, du Government Pension Fund en Thaïlande et du National Social Security Fund en Chine.Wai-Shin Chan, directeur exécutif de l’Asria, souligne que, dans leur quête de rendements plus élevés, les fonds de pension asiatiques doivent identifier des investissements de long terme qui s’avèrent à la fois sûrs et durables face aux défis environnementaux et sociaux.
Le fournisseur de services FundQuest a procédé, selon Hedge Week, à un ajustement de sa stratégie d’allocation en intégrant trois classes d’actifs supplémentaires sur sa plate-forme en architecture ouverte dédiée aux conseillers financiers.Les trois classes d’actifs sont les fonds communs de placement qui s’inspirent du fonctionnement des hedge funds («hedge-style»), les commodities et les obligations itnernationales. Dans les portefeuilles type de FundQuest, environ 10% des actifs peuvent être investis dans des classes d’actifs alternatives.
Géré par Bart Turtelboom, le hedge fund GLG Partners Emerging Markets prend à la fois des positions longues et courtes. «Sur les marchés d’actions et de devises, nous sommes très optimistes à moyen terme. Par contre, nous sommes pessimistes pour les taux d’intérêt dans les pays émergents. Ils devraient rester bas», explique le gérant. Bart Turtelboom estime que les marchés émergents ne sont pas chers et recèlent encore de beaucoup d’opportunités. «D’une part, sur le plan macroéconomique, ces pays sont beaucoup plus forts que ceux du G7. Leurs banques centrales ne doivent pas faire tourner la planche à billets. Les gouvernements ne voient pas leur déficit fiscal augmenter, ni leur dette publique. Le bilan souverain des pays émergents est très solide comparé à celui des pays du G7. D’autre part, les marchés émergents, même s’ils ont souffert du ralentissement économique mondial, continuent à croître plus rapidement que ceux du G7», souligne-t-il.
Dans son dernier «Outlook» trimestriel, Pimco (Allianz Global Investors) a l’intention de réduire son allocation à la dette des financières et de continuer à éviter le secteur des obligations à haut rendement, suggérant ainsi que ces deux sources de bénéfices du premier semestre semblent promises à une correction ou du moins à un arrêt de leur rally, rapporte le Financial Times. De fait, Pimco s’attend à une reprise en forme de «W» et il continue de privilégier les titres de grande qualité ; il va aussi se diversifier hors des Etats-Unis.