La Research Foundation du CFA Institute a annoncé le 28 octobre la publication d’un document étudiant les répercussions de la crise financière sur le secteur de la gestion d’actifs. Cette publication rassemble des extraits d’ouvrages consacrés à ce sujet et des entretiens menés avec des acteurs et des observateurs du secteur, des recruteurs et des chercheurs dans une monographie proposant quelques leçons à tirer et des changements nécessaires pour améliorer l’investissement et les pratiques commerciales du secteur.Selon Sergio Focardi, co-auteur de l’étude et professeur de finances à l’EDHEC, «de la mi-2007 au premier trimestre 2009, les marchés financiers ont été secoués par une série de chocs. Il est important que le secteur de la gestion d’actifs tire les leçons de cette crise afin de comprendre ce qu’il convient de faire différemment à l‘avenir. Chacun, dans le secteur, a besoin de plus de « science », d’une approche plus systématique des véritables risques, que ceux-ci soient liés à des événements extrêmes, à un risque de liquidité, à un risque de contrepartie ou à un risque systémique. Dans le même temps, les investisseurs demandent une plus forte transparence dans les produits et les processus, et sont de moins en moins disposés à payer des frais de gestion importants pour de faibles rendements. Le secteur doit proposer des stratégies et une structure des commissions plus en phase avec les réalités actuelles. Nous espérons que les conclusions de cette publication pourront aider les acteurs du secteur à tirer des leçons utiles.»Les dix principales recommandations de l'étude1. Pour une diversification efficace, étudier les corrélations en fonction des échéances. La corrélation instantanée entre les rendements de plusieurs actifs ou de classes d’actifs ne reflète pas complètement le comportement des rendements de ces actifs ou classes d’actifs en période de crise, lorsque des modifications peuvent se produire dans les tendances à moyen terme ou qu’une corrélation plus élevée peut intervenir sur les échéances longues.2. Réexaminer plus fréquemment l’allocation des actifs. Les marchés actuels connaissent une plus grande amplitude quant aux évaluations et aux changements de comportements qui impactent fondamentalement les prévisions sur des classes entières d’actifs et exigent une allocation dynamique de ces actifs. Toutefois, alors que l‘allocation dynamique des actifs promet des rendements plus élevés, en déplaçant les actifs dynamiquement depuis des classes d’actifs entières, elle constitue également une source de risque et ne laisse qu’une très faible marge d’erreur en termes de timing.3. Envisager des événements extrêmes qui se produisent plus fréquemment que dans les modèles de risque actuels. Nous savons de manière empirique que les distributions de revenus sont imprévisibles. De plus, il faut prendre en compte des sources de risque externes et cachées. Ces faits doivent être intégrés dans le processus de décision financière.4. Observer attentivement l’ampleur des pertes pour le cas où il faudrait déboucler rapidement des positions. Les événements récents ont montré qu’un retrait subit de liquidités du marché peut se produire, aboutissant à de très importantes pertes potentielles sur les stratégies à effet de levier.5. Prendre en compte la complexité du réseau de relations entre les agents et entre les produits d’investissement. La structure des liens de marché est devenue une préoccupation première en matière d‘origine des risques car les produits dérivés complexes peuvent propager des pertes à travers l’ensemble de l’économie dans une mesure largement supérieure à ce que l’on estimait avant la crise de 2007-2009.6. Etudier les données macroéconomiques car l’économie réelle compte. Bien que les variables macroéconomiques évoluent lentement, elles peuvent signaler l’apparition de situations pouvant provoquer de fortes pertes.7. Prendre en compte le risque d’échec des stratégies de couverture car des contreparties apparemment solides peuvent faire ou font effectivement faillite (Lehman Brothers). Avec la crise qui a commencé en 2007, la question de la couverture a pris une nouvelle dimension dans la mesure où le risque de faillite de contreparties telles que les banques ou les compagnies d’assurances de grande envergure apparaît désormais nettement plus important que ce que l’on estimait possible avant la crise.8. Développer des capacités multi-supports et multinationales : les marchés sont internationaux et les investisseurs attendent de plus en plus de ceux qui gèrent leurs actifs qu‘ils aient une vision globale de l‘environnement de placement.9. Développer les capacités quantitatives pour répondre à la taille et à la complexité des marchés et au fait que l‘exécution optimale exige de plus en plus d’automatisation et de capacités quantitatives.10. Ajuster les promesses à ce que le secteur de la gestion d’actifs peut réaliser. En l’espace de dix ans, les investisseurs ont été affectés par les fortes fluctuations de marché à 3 occasions (1997-1998, 2000-2002 et 2007-2009). Le secteur a besoin de regagner la confiance des investisseurs.