Aux institutionnels américains et européens, Russell Investments propose depuis peu deux fonds «marchés frontière», l’un de droit américain, l’autre de droit irlandais, qui ont été amorcés chacun à 140 millions de dollars par un institutionnel. La souscription minimale initiale est fixée à 125.000 dollars. Ces fonds ne sont pas coordonnés."Le produit américain utilise comme référence un indice S&P (hors pays du Conseil de coopération du Golfe) tandis que l’européen -plus récent- se sert du nouvel indice Russell Frontier BMI Index ex GCC (307 valeurs), beaucoup plus représentatif et diversifié, avec un plafonnement à 15 % par pays», a indiqué à Paris le 15 décembre le gérant de portefeuille Scott Crawshaw.Selon ce dernier, «la capacité de la stratégie pour l’instant se situe à 600 millions de dollars, niveau auquel les fonds seraient fermés aux nouveaux investisseurs, si le potentiel du marché n’a pas gonflé significativement d’ici là. Actuellement, la capitalisation totale des marchés équivaut seulement à celle de Petrobras plus celle d’une des deux grandes banques chinoises».En attendant, le portefeuille est confié sous forme de mandats à quatre maisons à couverture mondiale (First State Investments au Royaume-Uni, Harding Loevner, Frontier Market AM et Consilium IM aux Etats-Unis), sur un total de 20 à 25 dans le secteur. Il se pourrait que Russell leur adjoigne aussi un ou deux gestionnaires locaux.Le système de gestion adopté par Russell offre une totale transparence, ligne pour ligne. «Actuellement, les fonds sont investis dans environ 200 titres, dont 150 sont spécifiques à l’un ou l’autre des quatre gestionnaires», indique le gérant.Une classe d’actifs décorrélanteLa commission de gestion se situe à 2,25 % ; actuellement, il n’est pas prélevé de commission de performance, mais la possibilité existe. A noter que, «pour les rachats, Russell impose un préavis de 110 jours. Pour les investissements, le gestionnaire en réclame un de 35 jours», précise Scott Crawshaw. Des coûts de négociation d’un maximum de 3 % seront appliqués. L’objectif consiste à surperformer l’indice de 300 points de base avec un écart de suivi compris entre 700 et 1.000 points de base.Pour Russell, il est temps d’investir dans les marchés frontière qui constituent une «nouvelle génération d'émergents». Beaucoup de gestionnaires spécialisés sont en effet sur le point de fermer leurs produits aux nouveaux investisseurs, et les marchés frontière jouissent encore d’une décote importante par rapport aux émergents. En outre, il s’agit de marchés peu corrélés qui apportent une diversification opportune «en largeur et en profondeur» aux portefeuilles, insiste Scott Crawshaw. «Les fonds proposés par Russell sont intéressants pour les institutionnels parce qu’ils ouvrent à des clients avec une optique le long terme l’accès à des stratégies à faible capacité, alors qu’il serait très difficile de susciter une appétence pour ce genre de produits chez les investisseurs retail», continue le gérant.Ce dernier explique que Russell exige de ses mandataires que les portefeuilles comportent entre 60 et 70 % de valeurs locales des pays frontière. Mais les gérants peuvent aussi investir dans les pays émergents et les pays développés si les entreprises réalisent une part substantielle de leur activité dans les pays frontière. Cela dit, il faut préférer les gérants actifs, compte tenu des risques de tous ordres et de la liquidité souvent très limité des marchés concernés.Au total, les fonds sont investis dans une cinquantaine de pays, avec 15 pays qui pèsent environ 50 % du portefeuille. Les portefeuilles affichent un biais certain micro et petites capitalisations, avec environ 50 % des titres sous la barre des 800 millions de dollars.