Réalisée d’une part auprès d’un panel de professionnels analystes financiers ou gérants d’actifs; et d’autre part, auprès d’un panel composé d’investisseurs individuels avertis et actifs sur les marchés financiers, le baromètre d’Ossiam (*), dans sa troisième édition confirme les convictions souvent très différentes - pour ne pas dire diamétralement opposées - entre ces deux populations. D’une façon générale, les investisseurs professionnels adoptent une position attentiste, ce qui se traduit par un indice moyen de confiance dans les marchés financiers relativement stable (3,6 contre 4,2 lors du baromètre précédent). A l’inverse, «la confiance des particuliers progresse de manière continue depuis 9 mois (8,3 contre 5,6 à la vague précédente et 2,5 à la première vague)», indique l'étude d’Ossiam, qui précise que «l’indice moyen d’anticipation de la volatilité (positif lorsque la volatilité est anticipée en hausse dans les 12 prochains mois) stagne aussi chez les professionnels (7,6 contre 9,4 à la vague précédente et 8,3 à la première vague) et est en progression chez les particuliers (8,9 contre 5,0 et 5,3 en première vague)."Côté classes d’actifs, les investisseurs particuliers et professionnels se divisent une nouvelle fois sur les matières premières et les obligations souveraines en zone euro. A propos des matières premières, l’opposition entre particuliers et experts de la finance est particulièrement marquée. Déjà méfiants lors de la sortie des précédents baromètre, les professionnels enfoncent le clou avec un indice de confiance à -4,6. Tandis que les particuliers accordent à cette classe d’actifs un indice de confiance significatif de 10,2 en forte croissance (plus de deux fois plus que lors de la précédente édition). Cela dit, plus de la moitié des sondés estiment également que cette classe d’actifs subira une plus grande volatilité dans les 12 prochains mois. Outre les convictions entre les deux panels, les avis divergent concernant les matières premières à privilégier. Pour les experts de la finance, l’énergie et les produits agricoles sont à privilégier tandis que les particuliers tablent, pour leur part, sur l’or et les pièces, l’énergie et les métaux. Une autre classe d’actifs est loin de faire l’unanimité : les obligations souveraines de la zone euro. Les investisseurs leur accordent toujours leur confiance tandis que les professionnels affichent leur défiance. Confirmant les tendances des précédents baromètres, les investisseurs particuliers affichent une confiance de plus en plus forte (10,7 contre 7,2 et 5,6). La confiance des professionnels est, pour sa part, passée en territoire négatif (-2,7). D’autre part, Ossiam précise que, «comme lors des deux vagues précédentes, réalisées respectivement en octobre 2013 et en janvier 2014, les actions européennes sont la classe d’actifs bénéficiant du meilleur indice de confiance. La confiance dans les actions US reste globalement forte, en léger retrait chez les investisseurs professionnels (8,7 contre 11,5 à la vague précédente) et en légère progression chez les particuliers (11,7 contre 9,0 à la vague précédente). Les investisseurs se distinguent toutefois dans l’anticipation de la volatilité de cette classe d’actifs. Les professionnels anticipent une baisse de la volatilité (10,1 contre 16,9 et 15,4 lors des vagues précédentes) alors que les particuliers estiment que la volatilité se renforcera dans les 12 prochains mois."Quelques sujets font néanmoins consensus. C’est le cas par exemplen des pays émergents. «Les actions regagnent la confiance des investisseurs professionnels qui étaient neutres voir méfiants lors des vagues précédentes (20% d’entre eux seulement positionnent cette classe d’actifs dans la zone de méfiance contre 36% lors de la dernière vague),» note Ossiam. Par ailleurs, ajoute la société de gestion, la confiance des investisseurs particuliers dans cette classe d’actifs a progressé de manière significative sur les 3 vagues : 47% d’entre eux positionnent cette classe d’actifs dans la zone de confiance contre 29% à la première vague et 43% à la deuxième vague. Autre classe d’actifs où les deux panels se «retrouvent» : l’immobilier. Professionnels et particuliers s’accordent en effet pour anticiper une baisse des prix de l’immobilier en France cette année. Cela étant, de façon assez paradoxale, et contrairement aux investisseurs professionnels, les particuliers affichent une confiance en progression constante depuis octobre 2013 (indice de 6,5 contre 3,5 à la deuxième vague et 1,9 à la première vague). Enfin, dans un genre un peu différent, le dispositif gouvernemental PEA/PME compte peu d’adeptes. Lancé début 2014, le dispositif PEA PME suscite beaucoup de réserve tant du côté des professionnels que des particuliers dès lors qu’il est question d’estimer son efficacité. «seuls 3% des investisseurs professionnels et 14% des investisseurs particuliers interrogés se disent « tout à fait convaincus » par le dispositif», indique le bartomètre. (*) Baromètre de Confiance des Investisseurs CSA / Ossiam / Les Echos