Investir de manière durable continue d’être un véritable défi pour les investisseurs institutionnels à l’échelle mondiale. Tel est le principal enseignement de l’étude Schroders Institutional Investor Study*, réalisée par la société de gestion britannique. Ainsi, la performance, la transparence et les risques constituent les principaux obstacles à l’investissement durable. De fait, plus des trois quarts des investisseurs institutionnels internationaux interrogés (77% globalement et 78% en Europe) déclarent que l’investissement durable reste un challenge, tandis que 23% (22% en Europe) seulement considèrent qu’adopter une approche d’investissement durable est relativement simple. Les défis sont particulièrement importants en Asie, avec 82% des détenteurs d’actifs signalant des difficultés pour investir de manière responsable, alors qu’ils ne sont que 69 % en Amérique du Nord.Dans le détail, 44% des investisseurs à l’échelle mondiale et 47% en Europe cite les sujets de performance comme un frein à l’investissement durable, « ce qui indique que beaucoup d’entre eux restent sceptiques sur les retours à long terme de cette approche », note l’étude. En Europe, cependant, seuls 15 % des investisseurs interrogés se déclarent non convaincus par l’investissement durable, contre 22 % en Amérique du Nord, 23 % en Asie et 29 % en Amérique latine (soit, en agrégé, 20 % à l’échelle mondiale).Autres freins : le « manque de transparence et de données déclarées » sont avancés comme argument contraire par 41 % des investisseurs (44 % en Europe), tandis que la « difficulté de mesurer et gérer les risques » est citée par 28 % des investisseurs (26 % en Europe).Malgré ces défis et ces écueils, l’investissement durable semble avoir de beaux jours devant lui. Ainsi, 67 % des investisseurs mondiaux affirment que l’investissement durable va gagner en importance au cours des cinq prochaines années. Plus précisément, 85 % des investisseurs latino-américains et 84% des Européens en sont convaincus, et ils sont même 29 % dans ces deux régions à estimer que cette augmentation sera « significative ». En revanche, les investisseurs asiatiques sont les moins convaincus : 59 % estiment que l’approche durable sera plus importante, et seulement 13 % que cette hausse sera significative.Interrogés dans le cadre d’une allocation d’actifs, les investisseurs institutionnels estiment globalement que la classe d’actifs « Actions » est la plus pertinente pour une approche durable (pour 76 %, et même 83 % en Europe). Vient ensuite la classe d’actifs « Infrastructures » pour 49% des participants (51% en Europe) suivie du « Crédit » pour 44% des investisseurs (48% en Europe). La classe d’actifs « Alternatifs » n’est considérée pour une démarche durable que dans 29% des cas, sauf en Amérique du Nord (43%).Enfin, les investisseurs institutionnels déclarent globalement principalement détenir des fonds intégrant l’approche durable dans tous leurs choix de portefeuille (27 % des participants sont déjà investis dans ce type de fonds, et même 34 % en Europe), suivis des fonds axés sur la gouvernance d’entreprise (25 % des participants sont déjà investis, et ce taux atteint 30 % en Europe).*L’étude a été réalisée pour Schroders par l’agence de recherche indépendante CoreData Research auprès d’investisseurs institutionnels en Amérique du Nord (115), en Europe (200), en Asie (150) et en Amérique latine (35). Les 500 participants ont été interrogés en juin 2017 et représentent une variété d’institutions, y compris des fonds de pension, des compagnies d’assurance, des fondations, des fonds de dotations et des fonds souverains.