Patrick Pétolat, Directeur du Patrimoine Immobilier de La France Mutualiste, à la rédaction de www.institinest.com : Même si nous n’avons pas encore tous les détails sur le projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) qui sera débattu très prochainement à l’Assemblée Nationale, la pérennisation des mesures gouvernementales, comme l’encadrement des loyers, ne nous encourage pas à renforcer nos investissements dans la pierre. Le projet prévoit en effet notamment la fixation d’une médiane haute par quartier, que le bailleur ne pourra pas dépasser. On peut s’interroger sur l’efficacité de cette mesure pour les locataires, puisqu’un de ses effets pervers pourrait être la contraction de l’offre d’immobilier résidentiel. La France Mutualiste a cependant la chance d’avoir un parc d’immeubles très bien situés, que nous louons plutôt dans la fourchette basse du marché pour les quartiers concernés, à 25,50 euros le m2 en moyenne, contre 32 euros le m2 pour les locations les plus chères. Cela s’explique notamment par le fait que nos immeubles, construits dans les années trente, sont moins prisés que l’haussmannien. Si la loi devait passer en l'état, il est donc probable que nous arriverions à maintenir notre rendement brut avant amortissement sur la branche immobilier, de l’ordre de 3 %, soit un excédent brut d’exploitation de l’ordre de 40 millions d’euros. Face à la baisse des rendements sur les obligations, qui constituent le c??ur de notre allocation, il est fondamental pour nous de maintenir nos rendements dans l’immobilier. Autre élément défavorable aux bailleurs, qui apparaît dans le projet de loi, la mise en place d’un délai de rétractation pour le locataire et la mise en place d’une taxe pour la garantie des loyers impayés.