Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) est un investisseur atypique à plus d’un titre. Contrairement aux institutionnels classiques, son portefeuille vise le très court terme : pour indemniser, en cas de défaillance, les clients de banques et entreprises d’investissement françaises, il doit pouvoir débloquer des liquidités à tout moment. Revers de la médaille, ses 70% d’actifs monétaires ne rapportent presque rien. «Pour la poche monétaire, nous faisons face à des conditions de marché de plus en plus compliquées, notamment depuis le passage à -0,40% du taux de la facilité de dépôt de la BCE, et il nous sera difficile d’éviter cette année de passer en territoire négatif, explique à L’Agefi Thierry Dissaux, président du directoire du FGDR. Mais le maximum sera fait, avec nos gérants, pour nous situer le plus haut possible par rapport aux -0,40%». Sans avoir d’objectif de rendement, le FGDR veut préserver son trésor de guerre de 3,2 milliards d’euros issu des cotisations versées par les banques. Outre le monétaire, cette structure privée investit 25% de ses ressources en obligataire et 5% en actions. Après 1,5% en 2013 et 0,72% en 2014, «notre portefeuille a dégagé une performance nette de 0,84% l’an dernier, annonce le patron du fonds. Nous avons profité d’une meilleure dynamique qu’en 2014 sur notre portefeuille actions et notre gestion monétaire a affiché un rendement faible mais positif. Il a atteint 2,7 points de base (pb), contre 21 pb en 2014». Pour donner plus de marge de manœuvre aux gérants du FGDR (BNPP AM, Groupama AM, Oddo AM, etc), « nous envisageons de remettre à plat notre gestion monétaire si cela apparaît possible, et dès que les conditions de marché le permettront, indique Thierry Dissaux qui rappelle aussi « travailler dans un cadre très sécurisé en matière de notation, de diversification et de maturité des sous-jacents». Une contrainte pour lancer un chantier déjà évoqué dans le rapport annuel 2014 du fonds. Dans l’obligataire, qui a seulement rapporté 4 pb en 2015, « nous sommes en train de finaliser un appel d’offres (une première depuis 2011, ndlr) pour un nouveau mandat à rendement absolu à l’intérieur d’un budget de risque contraint, avec en particulier l’objectif de mieux résister à une remontée brutale des taux, dévoile le dirigeant. D’un montant de 800 millions d’euros, il sera confié en mai à quatre sociétés de gestion ». Il remplacera un mandat benchmarké de même taille.