A l’occasion du deuxième comité interministériel de la transformation publique, le Premier Ministre Édouard Philippe a annoncé vouloir mettre en œuvre une nouvelle politique immobilière, nous apprend Business Immo. Concrètement, il s’agirait de sortir «d’une gestion purement administrative et internalisée» en confiant la gestion de certaines parties du parc immobilier de l’État à des foncières. Ces structures pourraient prendre en charge certaines des nouvelles priorités assignées à la politique immobilière de l’État, soit la gestion en «syndic» des sites multi-occupants comme les cités administratives ; la valorisation locative de biens «devenus inutiles, afin de mieux assurer le financement de la politique immobilière de l’État, tout en défendant les intérêts patrimoniaux de l’État et en conservant des actifs» et la gestion du parc résidentiel social de l’État. Les relations des foncières avec les occupants, leur modèle économique de même que l’ouverture à des partenaires extérieurs seront définies d’ici la fin de l’année 2018. En parallèle, de nouveaux outils incitatifs seront mis à disposition des gestionnaires. Le gouvernement étudiera en particulier la création d’un intéressement financier «pour valoriser, par exemple, l’optimisation des espaces occupés ou leur conversion en espaces de travail collaboratifs.» L’ensemble des nouveaux outils s’intégreront dans une nouvelle gouvernance de la politique immobilière de l’État, «grâce à la simplification des instances existantes et à la création d’un conseil d’orientation de l’immobilier.» La nouvelle instance sera chargée de définir les axes stratégiques de la politique immobilière de l’État et d’assurer sa coordination avec les autres politiques publiques. Parmi les trois axes qui constitueront des priorités pour la politique immobilière de l’Etat, figurent la diversification de moyens permettant la valorisation du patrimoine. Cette dernière passera par l’occupation temporaire ou la mise en location plutôt que systématiquement des cessions. En parallèle, la rénovation des cités administratives a été décidée grâce au déploiement d’un programme de travaux d’1 Md€ sur cinq ans (2018-2022). Elle concourra également à la réalisation des objectifs énergétiques et environnementaux du grand plan d’investissement pour le secteur tertiaire. Ces décisions font suite à un triple constat du gouvernement : un essoufflement du modèle de valorisation du parc immobilier par la seule cession, le manque chronique d’entretien de ce patrimoine et le manque de cohérence entre la politique immobilière de l’État et d’autres politiques publiques.