Les sociétés de gestion de fonds traditionnels et alternatifs doivent revoir «de toute urgence» leurs directives internes sur l'évaluation des actifs illiquides, a prévenu l’autorité suédoise des marchés financiers Finansinspektionen. Cette dernière a également identifié divers risques dans l'évaluation de certaines classes d’actifs. Le régulateur suédois a réalisé une étude approfondie sur la robustesse des processus d'évaluation des actifs peu liquides de onze gestionnaires de fonds. L’examen a porté sur la manière dont les gestionnaires évaluent les obligations d’entreprises, les actions non cotées, les produits structurés et les crédits dans des conditions normales et de stress. Cette étude s’inscrit dans le cadre des travaux de l’Esma, le régulateur européen. Le constat de l’étude est que «les directives internes d'évaluation de certains gestionnaires ne sont pas claires ou ne contiennent pas toutes les informations requises par la directive AIFM». «Cela pose problème. L’équipe d’évaluation doit disposer d’instructions claires pour son travail. Les fonctions de contrôle doivent également pouvoir examiner la manière dont l'évaluation a été effectuée», estime Catrin Hådén, responsable adjointe du département de supervision des comportements au sein de Finansinspektionen. Selon Finansinspektionen, il s’agit d’un problème sur lequel le secteur en général doit travailler davantage et que les sociétés devraient pouvoir résoudre d’elles-mêmes en étant plus prudentes. «Il ne semble pas qu’il s’agisse d’une question d’ignorance, mais plutôt que les gestionnaires n’ont pas donné la priorité à la vérification de la cohérence des différentes procédures entre elles ou avec la réglementation», ajoute Catrin Hådén. Le régulateur suédois poursuivra son analyse et envisagera des mesures appropriées pour s’assurer que les opérateurs se conforment aux exigences réglementaires.