Les nouveaux crédits bancaires ont chuté plus que prévu en juillet en Chine atteignant leur plus bas niveau en neuf mois, ajoutant aux attentes du marché d’un modeste assouplissement de la politique monétaire nécessaire pour soutenir la reprise économique du pays. Les banques chinoises ont accordé 1.080 milliards de yuans (166,5 milliards de dollars) de nouveaux prêts en juillet, moitié moins qu’en juin, selon les données publiées mercredi par la Banque populaire de Chine (PBOC). Les économistes s’attendent à ce que ce repli continue entraînant un ralentissement de la croissance, sauf en cas d’assouplissement de la politique monétaire. De nombreux spécialistes ont revu récemment leurs prévisions de PIB pour le second semestre en raison des restrictions liées au variant Delta et des inondations. Le TSF (total social financing) une mesure plus large du crédit incluant le shadow banking a quant à lui atteint un plus bas depuis février 2020.
Dans la tourmente depuis des mois, le géant chinois de la promotion immobilière Evergrande pourrait vendre certaines de ses filiales pour remplir les caisses et faire face à ses engagements financiers. Des informations sur la cession de participations dans les véhicules électriques et les services immobiliers ont fait progresser les actions et les obligations du groupe mardi. Mais la méfiance grandissante des banques à l’égard du groupe immobilier le plus endetté au monde, des impayés aux fournisseurs et d’autres litiges ont ravivé les craintes des investisseurs ces dernières semaines. Comme un nouveau signe des difficultés financières d’Evergrande et d’une possible restructuration, les investisseurs particuliers ne sont plus autorisés à acheter les obligations émises par le groupe immobilier, une façon de les protéger, seuls les investisseurs institutionnels pouvant le faire, a informé lundi la Bourse de Shenzhen.
La croissance du secteur des services en Chine s’est accélérée en juillet. L’indice PMI des services calculé par Caixin/Markit a atteint 54,9, son plus haut niveau depuis mai, contre 50,3 le mois précédent. La confiance des entreprises s’est redressée, bien qu’elle soit encore légèrement inférieure à sa moyenne à long terme. Le secteur des services en Chine a été plus lent à se remettre de la pandémie que le secteur manufacturier, mais il a été aidé par une amélioration progressive de la consommation au cours des derniers mois. Une augmentation des infections domestiques au coronavirus menace toutefois de compromettre la reprise de l'économie. L’indice PMI composite de Caixin pour juillet, qui comprend à la fois l’activité manufacturière et l’activité des services, est passé de 50,6 en juin à 53,1 en juillet.
L’économie chinoise a progressé un peu plus lentement que prévu au deuxième trimestre, freinée par la hausse des coûts des matières premières et la résurgence du covid-19. Le PIB a augmenté de +7,9% en avril-juin selon les données officielles, alors que le consensus des économistes interrogés par Reuters attendait une croissance de +8,1%. Au premier trimestre, le pays avait enregistré une croissance de +18,3% sur un an. D’un trimestre sur l’autre, la progression du PIB atteint +1,3%, contre +0,6% au précédent. La production industrielle chinoise (+8,3% sur un an en juin, après 8,8% en mai) et les ventes au détail (+12,1% sur un an en juin, après +12,4% en mai) se sont également tassées. Mais moins que les attentes, soulageant quelque peu les investisseurs inquiets d’un ralentissementaprès que la banque centrale a annoncé une baisse du ratio de réserves obligatoires des banques la semaine dernière.
D’après les données des douanes chinoises, les exportations de la Chine ont progressé de +32,2% en rythme annuel en juin, après une croissance de +27,9% en mai, et de +36,7% sur un an. C’est globalement bien plus qu’attendu par les analystes, l’impact de foyers locaux de l’épidémie de coronavirus et de perturbations portuaires ayant été effacé par une demande mondiale solide du fait de l’assouplissement des restrictions sanitaires et du déploiement des vaccins à travers le monde. Les données officielles montrent aussi des importations en hausse (plus lente qu’en mai). L’excédent commercial de la Chine ressort à 51,53 milliards de dollars, contre 45,54 milliards le mois précédent.
Le gouvernement chinois souhaite un soutien supplémentaire de la banque centrale au moment où la croissance ralentit. Cela devrait passer par la baisse des réserves obligatoires des banques.
La croissance de l’activité du secteur manufacturier en Chine continue de fléchir mais un peu moins que prévu. L’indice PMI manufacturier officiel a reculé à 50,9 contre 51 en mai, montrent les données publiées mercredi par le Bureau national des statistiques (BNS).
Les investisseurs de Hong Kong, Macao et de neuf villes de Chine continentale vont pouvoir acheter des fonds d’investissement de part et d’autre. Une aubaine pour les banques.
Contrôle. Le centenaire du PCC (Parti communiste chinois) sera-t-il entaché par un accident financier ? Pékin goûte si peu l’ironie de la situation que les marchés sont, ces derniers mois, la cible d’interventions de plus en plus nombreuses. La saga Huarong AM, ce gérant d’actifs dont la gestion de la dette colossale a été reprise en main par le gouvernement, souligne la détermination du parti à poursuivre les efforts de désendettement. Assurer la stabilité financière peut aussi passer par des révisions réglementaires, forçant par exemple les banques à détenir plus de devises étrangères ou limitant l’exposition aux actifs risqués des fonds ouverts aux particuliers. Les interventions peuvent aussi être plus directes, comme lorsque le gouvernement a mis ses réserves de matières premières sur le marché afin d’en faire baisser les prix, ou lorsque la banque centrale a asséché le marché du repo, faisant remonter les taux courts et rendant le recours à l’effet de levier moins attractif. L’exercice reste périlleux. Les derniers indicateurs de production et de consommation, dont la croissance est plus faible qu’anticipé, montrent ainsi que la reprise chinoise pourrait être plus lente que prévu ; la banque centrale ne devrait d’ailleurs pas relever ses taux cette année. Mais si une intervention trop brutale devait peser sur la croissance, Pékin jugera sans doute que le calme est à ce prix.
Le bitcoin a de nouveau chuté lundi, de plus de 7% à environ 33.000 dollars, alors que les autorités chinoises ont étendu leur répression contre la cryptomonnaie. Le Sichuan a été la dernière province à exiger la fermeture de 26 projets présumés de minage, une décision qui signifie qu’environ 90% de la capacité de minage du bitcoin en Chine devrait être fermée. En mai, Pékin avait appelé à une répression contre le bitcoin en raison de sa consommation d’énergie. Ce lundi, la Banque centrale chinoise (PBoC) a précisé avoir averti les banques et organismes de paiement sur les risques que représentait la fourniture de services en lien avec les monnaies virtuelles.
Le bitcoin a de nouveau chuté lundi, de plus de 7% à environ 33.000 dollars, alors que les autorités chinoises ont étendu leur répression contre la crypto-monnaie.
Confrontée à des pressions occidentales accrues sur de nombreux dossiers comme le commerce, Hong Kong ou le Xinjiang, la Chine a adopté jeudi une nouvelle loi destinée à riposter aux sanctions étrangères. Cette législation votée par le Parlement, dont aucun détail n’a filtré, viserait à donner plus de légitimité et de prévisibilité aux mesures de rétorsion chinoises. La Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine s’est alarmée du manque de transparence qui a selon elle entouré l’adoption de cette loi, examinée en première lecture en avril et approuvée deux jours à peine après l’annonce par l’Assemblée nationale populaire de son examen en deuxième lecture.
Confrontée à des pressions occidentales accrues sur de nombreux dossiers comme le commerce, Hong Kong ou le Xinjiang, la Chine a adopté jeudi une nouvelle loi destinée à riposter aux sanctions étrangères.
La population active chinoise pourrait diminuer de moitié d’ici à la fin du siècle, en raison d’une dynamique démographique désormais difficile à inverser.