Le tout commercial n’est pas une solution. Tout le monde est d’accord. Le Danemark montre à l’Europe un bon cas d’application en refusant au projet Nordstream 2 la permission de faire passer au large de son île de Nordhom le gazoduc qui doit acheminer du gaz russe jusqu’en Allemagne. Il en appelle à l’Union européenne pour que le projet soit purement annulé. L’argument n’est plus seulement écologique mais géopolitique. Les excès russes – agressions en Ukraine, menaces sur l’Arctique, cyberattaques, incursions dans les espaces aériens de ses voisins…– ne sont plus à démontrer. Voilà une cause sans équivoque où l’Europe pourrait démontrer qu’elle défend un projet porteur de sens. Dans ce dossier, le Danemark invite les Européens à défendre des valeurs au-delà des purs intérêts commerciaux.
Extra-financier. La finance responsable gagne du terrain avec « le premier prêt au monde dont la marge est uniquement déterminée en fonction de la notation extra-financière », selon Sandrine Enguehard, responsable de la structuration à impact chez Société Générale CIB, co-coordinateur de l’opération. L’électricien autrichien Verbund, spécialiste de l’hydro-électrique, a en l’occurrence annoncé le mois dernier le refinancement pour 500 millions d’euros d’une ligne de crédit syndiqué de 5 ans auprès de 12 banques. La marge sera révisée chaque année en fonction de l’évolution de la notation ESG attribuée par l’agence Sustainalytics. Verbund « est déjà ‘best-in-class’ sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, il renforce ici de façon ambitieuse ses engagements dans ces domaines », salue Sandrine Enguehard. Le taux de base et la marge, actuelle et potentielle, restent confidentiels.
Pour la troisième année consécutive, les montants émis ont baissé en 2018, tombant à 2,28 milliards d'euros. La concurrence du financement bancaire et du Schuldschein a encore pesé.
Cellnex a émis pour 200 millions d’euros d’obligations convertibles. Ces titres, d’une maturité fixée à 2026, sont assimilés à la souche de 600 millions d’euros émises en janvier 2018 par le groupe espagnol d’infrastructures de télécoms. Ces convertibles supplémentaires paient un coupon annuel de 1,50%. Le prix de conversion a été fixé à 38,08 euros, ce qui fait ressortir une prime de 60% par rapport au cours de clôture de l’action Cellnex lundi soir.
Le groupe allemand spécialisé dans les soins et les produits médicaux a mandaté BNP Paribas, Credit Suisse et Goldman Sachs comme teneurs de livre en vue d’une émission obligataire. Fresenius espère placer deux lignes à 6 ans et 10 ans. Les présentations aux investisseurs doivent commencer le 8 janvier. Fresenius, qui a lancé début décembre un avertissement sur ses résultats, est noté BBB-/Baa3, soit au dernier cran de la catégorie investment grade.
Le distributeur espagnol a bouclé un financement de 896 millions d’euros d’échéance fin mai 2019. Borja de la Cierva a remplacé Antonio Coto à la tête du groupe.
Sequana a annoncé hier l’abandon du projet de cession des activités Graphique et Papiers de création d’Arjowiggins. Les négociations engagées en juillet 2018 avec Fineska (groupe Andlinger & Company) pour cette cession se sont poursuivies «dans un contexte extrêmement dégradé des conditions de marché, frappées notamment par des hausses successives et très significatives du prix de la pâte et, dans une moindre mesure, de l’énergie», explique le papetier qui invoque aussi un manque de visibilité pour l’exercice 2019.
Le groupe audiovisuel a annoncé hier l'émission de 1.020.200 actions ordinaires nouvelles représentant 3,3% du capital social dans le cadre d’un apport en nature d’actions On Entertainment, société dans laquelle Mediawan a acquis une participation majoritaire, et de l’exercice de BSA (bons de souscription d’actions). Le capital social de Mediawan a en conséquence été porté à 310.539,35 euros, constitué de 31.053.935 actions d’une valeur nominale de 0,01 euro.
CNP Assurances a annoncé hier avoir obtenu, en date du 21 décembre 2018, le visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur le prospectus de base de son nouveau programme Euro Medium Term Notes (EMTN). La mise en place de ce programme renforcera la flexibilité financière de l’assureur en lui permettant de saisir plus rapidement des opportunités d’émissions obligataires, subordonnées ou senior, via des placements publics ou privés et dans différentes devises. Il s’inscrit pleinement dans la stratégie financière du groupe, qui cherche en permanence à diversifier sa base d’investisseurs en termes de zones géographiques et de devises et à adapter régulièrement sa structure de capital en tenant compte de ses perspectives de développement en Europe et en Amérique latine, des exigences de fonds propres Solvabilité 2 et des critères des agences de notation. Le montant du programme de 7 milliards d’euros a été calibré en fonction de son encours actuel de dettes subordonnées. Pour rappel, le montant maximal des émissions obligataires autorisé par le conseil d’administration du groupe est actuellement de 1,5 milliard d’euros par an. Les titres à émettre pourront être admis aux négociations sur Euronext Paris.
La banque commerciale chinoise envisage d’émettre jusqu’à 40 milliards de yuans (5,3 milliards d’euros) d’obligations perpétuelles après avoir obtenu fin juin l’accord de ses actionnaires, rapportait hier Bloomberg en citant des responsables de l’établissement. Cette opération représenterait la première émission de dette perpétuelle d’un groupe bancaire chinois. Bank of China attend encore l’autorisation des autorités de régulation et aucune date n’a encore été fixée pour procéder à cette levée de fonds. Le recours à ce type d’instrument financier devrait permettre aux banques du pays d’améliorer leurs coussins de fonds propres, alors que la nouvelle réglementation les oblige à absorber la dette hors bilan.
Afin d’éviter une mise en faillite, le groupe britannique de services au secteur public étudie la vente de sa division la plus rentable à ses créanciers.
Showroomprivé a annoncé vendredi le succès de son augmentation de capital de 39,5 millions d’euros visant à accroître sa flexibilité financière. Après l’opération, les fondateurs David Dayan et Thierry Petit ainsi que le groupe Carrefour détiendront directement ou indirectement respectivement 15,53%, 8,87% et 20,52% du capital. Le spécialiste du déstockage de mode sur internet précise que la demande totale s’est élevée à 39,7 millions d’euros, correspondant à un taux de souscription de 100,41%.
La Cofepp, premier actionnaire de Marie Brizard Wine & Spirit (MBWS) avec 29,47% du capital, va accorder au groupe de spiritueux en difficultés un crédit relais de 25 millions d’euros afin de lui fournir l’oxygène nécessaire en attendant le produit des cessions d’actifs programmés. Endetté à hauteur de 51,7 millions d’euros, MBWS a précisé lundi que les discussions avec ses banques n’avaient pas abouti et qu’une nouvelle stratégie devrait être présentée au premier trimestre 2019 par le nouveau directeur général, Andrew Highcock.
Malacalza Investimenti, actionnaire de référence de Banca Carige avec 27,5% du capital, a bloqué samedi une augmentation de capital de 400 millions d’euros prévue par la banque génoise pour rembourser un emprunt de titres subordonnés convertibles compris entre 320 et 400 millions d’euros. Suite à cette décision motivée par le besoin «d’informations complémentaires» sur la stratégie de l’établissement, deux membres de son conseil d’administration, dont la vice-présidente Lucrezia Reichlin, ont démissionné de leur fonction.
Vinci a annoncé vendredi que sa filiale à 33,4% Lisea, concessionnaire de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique jusqu’en 2061, avait finalisé le refinancement de sa dette commerciale pour un montant de 2,2 milliards d’euros. Celle-ci avait été contractée en 2011 auprès d’un groupement bancaire dans le but de financer la construction de la ligne ferroviaire entre Tours et Bordeaux.
Plastic Omnium a annoncé avoir réalisé vendredi un placement privé de droit allemand (Schuldschein) de 300 millions d’euros. Les titres de dette émis ont une maturité de 7 ans et sont assortis d’un coupon fixe de 1,632%, a précisé le groupe dans un communiqué. Le produit de cette émission sera utilisé pour les besoins de financement généraux du groupe et allongera la maturité de sa dette, a ajouté Plastic Omnium.
Le singapourien Noble Group a achevé la restructuration de sa dette obligataire senior de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), ce qui en fera une société de négoce non cotée recentrée sur le charbon et l’Asie. 70% des actions de l’entreprise seront contrôlées par un véhicule spécial représentant ses créanciers, 20% par des actionnaires historiques, et 10% par la direction. Le groupe a vu sa capitalisation boursière ramenée à moins de 80 millions de dollars alors qu’elle dépassait les 6 milliards en février 2015. Noble a vendu des milliards de dollars d’actifs, inscrit de lourdes dépréciations et supprimé des centaines d’emplois. Un liquidateur provisoire a été désigné et la cotation des titres Noble Group suspendue.
Le singapourien Noble Group a annoncé aujourd’hui avoir achevé la restructuration de sa dette obligataire senior de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), ce qui en fera une société de négoce non cotée recentrée sur le charbon et l’Asie. Suite à cette réorganisation, 70% des actions de l’entreprise seront contrôlées par un véhicule spécial représentant ses créanciers, 20% seront aux mains des actionnaires historiques et 10% seront détenues par la direction. Noble Group Holdings aura un bilan entièrement restructuré et des facilités de négociation et de couverture engagées à hauteur de 800 millions de dollars.
Trésorerie. Acofi achève d’investir le fonds Predirec Innovation 2020 de 140 millions d’euros. Créé en 2015 en collaboration avec Neftys, spécialiste du crédit d’impôt recherche (CIR), il avance aux entreprises le montant de cette créance sur l’Etat. Il a ainsi, à ce jour, fourni de la trésorerie à plus de 300 petites et moyennes entreprises, pour un total de financement de 250 millions d’euros. La durée des financements pouvant atteindre 36 mois pour les ETI, un fonds de 30 millions d’euros vient d’être monté pour servir ce type d’entreprises sans dépasser l’échéance du fonds. Le succès du véhicule tient aussi à la mise au point d’une plate-forme internet où les entreprises envoient leurs dossiers, signent les contrats, cèdent leurs créances sur l’Etat et reçoivent leurs paiements. Les prêts coûtent en moyenne 4,25 % aux entreprises pour un rendement de 2,80 % aux investisseurs, les frais juridiques et de gestion absorbant environ 1,20 %.