Les fintechs européennes volent de record en record

le 27/05/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rien que cette semaine, ContentSquare, Agicap, Epsor et Paysend ont secoué le marché avec des annonces de levées d’envergure.

ContentSquare, dirigée par Jonathan Cherki, est à l’origine d’un tour de table de 500 millions d’euros.
ContentSquare, dirigée par Jonathan Cherki, est à l’origine d’un tour de table de 500 millions d’euros.
(Bpifrance)

Année exceptionnelle à bien des égards, 2020 a aussi été un cru sans précédent pour les fintechs du Vieux Continent. Ces dernières ont levé près de 5,3 milliards d’euros, selon EU-Startups. Un record notamment alimenté par la première décacorne européenne du secteur, Klarna, spécialisée dans les solutions d’affacturage en ligne et auteur d’un tour de table de 650 millions de dollars (530 millions d’euros) en septembre. Cette folle ascension devrait se poursuivre cette année encore, en raison du rythme actuel et de la taille des levées. Car, si Klarna a encore défrayé la chronique en février avec sa levée d’un milliard de dollars, la valorisant quelque 31 milliards, la relève est assurée.

Les vainqueurs du Covid

Dans l’Hexagone, la French Tech a fait tomber un nouveau record grâce à Contentsquare. La pépite dirigée par Jonathan Cherki est en effet à l’origine d’un tour de table de 500 millions de dollars, rendu possible par SoftBank Vision Fund 2, auquel se sont adjoints les actionnaires historiques que sont Eurazeo, Bpifrance, KKR, Canaan, Highland Europe et BlackRock. De quoi faire bondir la valorisation de la jeune licorne à 2,8 milliards de dollars. La recette du succès ? Une plateforme SaaS (software as a service) qui analyse tous les mouvements de l’internaute, le temps de consultation d’une page Internet  et la performance générale des contenus. Des informations précieuses pour les e-commerçants, dont le nombre a explosé avec la crise sanitaire. La fintech a aussi parfaitement réussi ses premiers pas à l’international, puisque plus de la moitié de son chiffre d’affaires – encore tenu confidentiel – est réalisé aux Etats-Unis, où a élu domicile son fondateur il y a quatre ans.

Contentsquare n’est cependant pas la seule à être sortie victorieuse de la pandémie. Agicap, l’éditeur lyonnais de solution de gestion automatisée de trésorerie, est aussi à l’honneur cette semaine. Celui-ci vient de boucler une série B de 100 millions de dollars auprès de ses investisseurs historiques, BlackFin Capital Partners et Partech, mais aussi et surtout d’un nouvel entrant, Greenoaks Capital. Ce fonds de capital-risque californien est notamment connu pour avoir investi chez Deliveroo, Brex, Robinhood, Coupang, Airtable et Discord. Là encore, la jeune pousse a fortement accéléré. Son imposant tour de table intervient un an seulement après une série A de 18 millions de dollars, et moins de deux ans après la phase d’amorçage (alimentée par un ticket de 2,5 millions de dollars fournit par BlackFin et Kima Ventures).

Ambitions internationales

«La start-up n’employait alors que huit collaborateurs et cherchait à déployer sa force commerciale en France, se remémore Gabrielle Thomas, directrice d’investissement chez BlackFin. Aujourd’hui, elle totalise près de 200 employés répartis entre Lyon, Paris, Berlin, Madrid, Amsterdam et Milan.» Tout comme Contentsquare, l’international représente déjà plus de la moitié des revenus d’Agicap. Et les projets d’expansion de la plateforme de gestion de la trésorerie pour les PME européennes (notamment utilisée par Meero, Ornikar, Prestashop, Pizza Hut…) n’en sont qu’à leur début. Elle vise désormais la Suède, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Belgique, la Pologne, le Portugal, le Luxembourg, la Suisse et enfin la République Tchèque. Le cap des 1.000 collaborateurs pourrait ainsi être atteint d’ici deux ans par la société fondée en 2016 par Sébastien Beyet, Clément Mauguet et Lucas Bertola.

De l’autre côté de la Manche, le marché des fintechs reste aussi en effervescence. Le pionnier du transfert de carte à carte Paysend, à l’origine d’une plateforme de paiement internationale, en est l’illustration avec le bouclage de sa série B à 125 millions de dollars. L’occasion ici de s’ouvrir à One Peak, accompagné dans l’opération par le français Infravia Growth Capital (qui réalise là son troisième investissement) et le britannique Hermes GPE Innovation Fund. Objectif affiché : accélérer la croissance de la plateforme de paiement auprès des consommateurs et des PME pour adresser une opportunité de marché dans les flux de paiement transfrontaliers de 133 milliards de dollars. En moins de quatre ans, la pépite a réussi un bond de croissance rare. Elle revendique désormais 3,7 millions d’utilisateurs et 17.000 PME clientes dans 110 pays.

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