Le cabinet EY règle une amende record aux Etats-Unis

le 28/06/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

EY, cabinet d’audit
(photo EY.)

Tricher à un examen d’éthique, c’est trop. Pour l’avoir ignoré, EY vient d’écoper de la plus forte sanction pécuniaire jamais infligée par la Securities and Exchange Commission (SEC) à un cabinet d’audit. Le cabinet membre des Big Four de l’audit a été condamné à payer une amende de 100 millions de dollars. Il avait couvert des employés qui avaient triché aux examens nécessaires à l'obtention et au maintien des licences d'expert-comptable agréé, le Certified Public Accountant (CPA).

«Il est tout simplement scandaleux que les professionnels chargés de débusquer la tricherie chez leurs clients aient triché aux examens», a déclaré Gurbir S. Grewal, directeur de la division chargée de faire appliquer les lois à la SEC.

Entre 2017 et 2021, 49 professionnels d’EY ont triché à l’examen d’éthique du CPA en s’échangeant les réponses aux questions. Plusieurs centaines d’autres l’ont fait à l’occasion des cours en formation continue qui sont imposés aux experts-comptables agréés pour préserver leur niveau de compétences. Leurs collègues, au courant de ces pratiques, ont également violé leurs obligations éthiques en s’abstenant de les dénoncer, souligne la SEC dans sa décision.

Des récidivistes

Deux circonstances aggravantes ont joué. Une tricherie généralisée avait déjà eu cours chez EY entre 2012 et 2015. Par ailleurs, à l’occasion d’une inspection de la SEC sur ce sujet en juin 2019, la firme a omis de révéler aux enquêteurs qu’elle avait été alertée, le même jour, sur une possible fraude aux examens.

Cette sanction tombe à un moment délicat pour EY. Pointé du doigt dans plusieurs scandales comptables, dont celui de Wirecard en Allemagne, le Big Four se prépare à scinder ses activités d’audit et de conseil. Un processus qui pourrait inspirer certains de ses concurrents. La patronne de ses activités aux Etats-Unis a par ailleurs claqué la porte il y a quelques semaines à la suite d’une lutte de pouvoir dont elle est ressortie perdante, avait révélé le Financial Times.

Le précédent record pour une sanction d'un cabinet d'audit aux Etats-Unis était détenu depuis trois ans par KPMG. La firme avait écopé d'une amende de 50 millions de dollars.

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