Les régulateurs veulent s’emparer des nouvelles technologies

le 10/10/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un panel de l'AM Tech Day a fait le point sur l'utilisation, en interne, des nouvelles technologies par les régulateurs. L'objectif : mieux superviser.

Déconstruire les clichés. Si les régulateurs sont encore loin d’utiliser autant les nouvelles technologies que les institutions financières, des réflexions émergent. En 2017, l’Autorité des marchés financiers a développé une blockchain en interne, mais «plus dans une logique d’exploration, pour se familiariser avec les technologies», confie Domitille Dessertine, directrice de la division fintech, innovation et compétitivité à l’AMF, lors de l'AM Tech Day de L'Agefi le 8 octobre .

Si un expert blockchain examine les smart contrats dans le pôle fintech depuis un an, l’autorité est encore loin d’avoir franchi le cap d’être connectée à des blockchain d’acteurs. Depuis la crise, de nouvelles réglementations ont vu le jour pour collecter au mieux les données. «Il a fallu qu’on lance des initiatives autour de la gestion de ces données, afin d’en sortir les informations qui soient les plus pertinentes possibles» admet Domitille Dessertine qui souhaite que l’AMF devienne «un régulateur orienté ‘données’, qui se serve de la donnée pour conduire ses missions». Même son de cloche du côté du régulateur européen, l'Esma. «Voir comment on peut utiliser ces données de la manière la plus efficace possible fait partie de nos priorités et la technologie a un rôle à jouer», selon Anne Choné, senior officer - financial innovation à l'Esma.

En utilisant les technologies en interne, l'autorité européenne des marchés espère par ailleurs créer un véritable marché européen des services financiers. «L’Esma a un rôle de convergence entre les régulateurs nationaux en matière de supervision. Là aussi, on regarde les technologies qui permettraient d’identifier plus facilement les éventuelles divergences entre régulateurs», indique Anne Choné​.

Pour Anthony Charrié, spécialiste de la régulation financière chez Oliver Wyman, les régulateurs «pourraient avoir une supervision encore plus efficace et dynamique en utilisant davantage les outils technologiques». Selon lui, «le rôle d’institutions supranationales comme le Gafi, l’EBA et l’Esma est central pour encourager ces bonnes pratiques de supervision.»

De son côté, l’ACPR mise sur l’«intrapreneuriat» pour innover en interne. Au sein du pôle Fintech-Innovation, trois «intrapreneurs» viennent d’être sélectionnés et seront accompagnés par l’incubateur Swave pendant un an. «L’intrapreneuriat, c’est sortir le collaborateur de son cadre de travail et le faire travailler comme un start-upper avec les moyens et l’autonomie d’un start-upper, mais pour un projet interne», souligne Arthur Moraglia, chargé de mission au pôle Fintech-Innovation à l’ACPR.

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