IBanFirst lève 15 millions d’euros auprès de Serena, Breega et Niel

le 15/11/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La fintech de paiements internationaux pour les PME veut tirer parti de la directive DSP2 et de son ancrage continental en perspective du Brexit.

Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur et premier actionnaire d’iBanFirst.
Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur et premier actionnaire d’IBanFirst.
(Photo iBanFirst.)

Cinq ans après ses débuts, IBanFirst passe la vitesse supérieure. Après avoir sécurisé 10 millions d’euros en 2016 auprès d’investisseurs privés, la fintech annonce ce matin une levée de fonds de 15 millions d’euros. Le tour de table de cette spécialiste des paiements internationaux pour les PME est mené par Serena, accompagné par un autre fonds de capital-risque parisien, Breega, et par le fondateur de Free, Xavier Niel, qui fut l’un de ses premiers business angels.

«Face à la lourdeur des infrastructures bancaires traditionnelles, nous sommes partis du constat que tous les flux financiers vont être révolutionnés par de nouvelles plate-formes technologiques, comme on le voit déjà en banque de détail avec N26 et Compte Nickel. IBanFirst s’est positionné sur les flux BtoB, complexes à traiter mais avec un fantastique potentiel», estime Bertrand Diard, associé chez Serena. 

Se passer
des banques

«Nos nouvelles ressources vont nous permettre d’accélérer significativement notre développement commercial et technologique», déclare de son côté Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur d’IBanFirst et premier actionnaire. L’ancien patron de Saxo Bank en France s’est passé de banque d’affaires pour sa levée de fonds.

Sa start-up devrait totaliser cette année 40.000 paiements transfrontaliers en 25 devises pour 2.500 entreprises clientes, soit 2 milliards d’euros de volume de transactions assorties d'une commission inférieure à 0,5% sur le taux de change. Au-delà des transferts internationaux à bas prix, la jeune pousse mise sur de nouveaux services pour arrondir son chiffre d’affaires, en profitant des brèches dans le monopole bancaire ouvertes par la directive européenne sur les paiements (DSP2). A partir de son agrégateur de comptes, elle veut permettre à ses clients d’initier leurs paiements directement depuis sa plate-forme, sans passer par le site de leur banque. «Nous testons cette fonctionnalité et comptons la proposer à partir de septembre prochain, lorsque les banques auront toutes sorti leurs API (application programming interfaces, ndlr)», indique Pierre-Antoine Dusoulier.​

IBanFirst propose aussi des virements avec un taux de change fixe garanti à l’avance et prépare une offre d'affacturage. «Pour cela, nous avons demandé une extension de notre agrément en Belgique. Cette 'licence 4' nous permettra de prêter de l’argent à 180 jours sur nos fonds propres pour des opérations liées à des paiements en devises étrangères», dévoile le dirigeant.

50 commerciaux
en France

Alors que l’Hexagone représente encore 60% des revenus de la société, «notre objectif est d’avoir 50 commerciaux en France d’ici à fin 2019 contre une vingtaine aujourd’hui. Nous allons aussi accélérer notre développement en Flandre grâce à notre nouveau bureau d’Anvers, explique le patron d’IBanFirst, qui dispose de plusieurs agréments en Belgique, dont celui de prestataire de services de paiements. Nous faisons aussi des tests en Europe de l’Est où nous sommes en train de demander un passeport local aux régulateurs. Nous suivons déjà la Hongrie, la Roumanie et la République tchèque depuis Paris et Bruxelles».

Pour ces développements continentaux, IBanFirst pense avoir une longueur d’avance. «Tous nos concurrents, comme Kantox ou TransferWise (qui a levé 280 millions de dollars l’an dernier, ndlr), sont agréés au Royaume-Uni. Le Brexit risque de compliquer leurs activités en Europe», estime Pierre-Antoine Dusoulier.

Le dirigeant veut continuer à doubler chaque année sa clientèle, mais sans la faire croître à tout prix. «Nous préférons nous assurer que nos clients offrent un potentiel suffisant de paiements internationaux et refusons une grande partie des demandes pour des raisons de conformité (secteur d’activité banni, pays suspect, entreprise trop récente, etc.)», pointe-t-il.

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