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Euronext montre la voie de l’offensive à la Place de Paris

le 04/01/2017

Philippe Mudry

2017 sera une année décisive pour les places européennes en cette année post-Brexit. Or Paris la commence bien et il faut s’en réjouir.

Euronext, l’opérateur de marché paneuropéen dont la Bourse parisienne fait partie, a annoncé hier une offre en cash d’un demi-milliard d’euros sur LCH Clearnet SA, la chambre de compensation française de la Bourse de Londres.

Tout indique que cette offre aboutira. C’est une condition mise par Bruxelles au rapprochement des Bourses de Londres et de Francfort, et l’intérêt de toutes les parties pousse à une heureuse conclusion.

Ce serait un vrai plus pour l’opérateur continental. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés en propulsant son cours de près de 7% hier malgré un prix élevé bien que dans ses moyens.

Aucune bourse ne peut plus prétendre aux premiers rôles si elle ne maîtrise pas la chaîne d’opérations permettant de boucler les transactions en sécurité technique, financière et juridique.

Pour n’avoir pas disposé d’une telle structure, Euronext a souffert ces dernières années et perdu du terrain sur ces grands rivaux.

Elle attend de cette acquisition un surcroît de chiffre d’affaires de 20%. Et elle espère en réaliser un tiers dans ces opérations dites de « post marché », désormais imposées aux banques pour leurs opérations dérivées et dès lors promises à un développement accéléré.

Reste qu’Euronext aurait face à elle un mastodonte germano-britannique des marchés neuf fois plus gros qu’elle. C’est pourquoi sa bataille pour compter parmi les places mondiales ne serait pas terminée.

Fort d’un bilan solide, l’opérateur reste donc à l’affût d’acquisitions. Surtout si Bruxelles exige de Londres et de Francfort de nouvelles cessions pour pouvoir fusionner. 

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