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La magie des licornes s’estompe

le 04/04/2016

Alexandre Garabedian

La magie des licornes s’estompe. Depuis quelques années, le nom de cet animal mythique désigne les start-up dont la valeur dépasse le milliard de dollars. Uber et Airbnb en sont les représentants les plus connus. Mais la prolifération des licornes, et les prix extravagants atteints au gré des levées de fonds que ces sociétés réalisent, rappellent furieusement la bulle internet de l’an 2000. La semaine dernière, la patronne du gendarme boursier américain, Mary Jo White, est venue ajouter sa voix au chœur, de plus en plus nombreux, des sceptiques.

Tous les ingrédients ont été réunis ces dernières années pour faire monter les prix. Les fonds d’investissement de la Silicon Valley disposent des milliards de dollars à miser au capital de ces start-up. Ces tours de table sont réalisés de manière opaque tant que les licornes ne sont pas cotées en Bourse. Quant à la promesse de croissance future, elle fait oublier que la plupart de ces sociétés ne gagnent pas encore d’argent.

Même les fonds qui ont investi dans ces sociétés peinent aujourd’hui à leur attribuer un juste prix. Le gestionnaire d’actifs Fidelity a dévalué de 25% le prix de son investissement dans Snapchat, l’application de partage de photos et de vidéos. L’exemple de Dropbox, le service de stockage de fichiers en ligne, est encore plus frappant. En décembre, certains actionnaires du groupe valorisaient l’action à moins de 10 dollars dans leurs comptes, quand d’autres l’estimaient à plus de 15 dollars, soit un écart de 60%. C’est la Bourse, une fois encore, qui devrait mettre tout le monde d’accord. Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, est bien placé pour le savoir. Son service de paiement mobile, Square, s’est coté fin 2015 à New York à un prix très inférieur à celui qu’il avait atteint lors de son précédent tour de table privé.

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