Les marchés clôturent un premier semestre noir

le 01/07/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les places financières mondiales ont bouclé leur pire premier semestre depuis des décennies.

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Sur les marchés actions, il faut remontrer aux années 1970 pour voir des mouvements aussi marqués au premier semestre.
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La dernière séance de la première partie de l’année aura été à l’image du semestre, dans le rouge. Jeudi, les craintes de récession ont encore fait basculer les marchés actions tandis que les marchés de taux profitaient d’un mouvement de fuite vers la qualité.

Après l’Asie, l’Europe boursière a de nouveau corrigé tandis que Wall Street évoluait également dans le rouge. L’indice Euro Stoxx 50 a cédé 1,7%. A Paris, l’indice CAC 40 a abandonné 1,8%. Le Dax a perdu 1,7% mais après avoir chuté de 3% en séance. A Wall Street, l’indice S&P 500 a baissé de 0,75% tandis que le Nasdaq, à forte composante en valeurs technologiques et de croissance, a cédé 1,3%.

Sur les marchés de taux, le rendement des emprunts d’Etat ont chuté, signe que les investisseurs privilégient le caractère refuge de ces actifs face au risque de récession malgré les craintes sur l’inflation et le resserrement des politiques monétaires. Le rendement des Treasuries américains à 10 ans a reculé de 9 points de base (pb), à 3,01%, après être repassé sous 3% en séance. Celui-ci a culminé à 3,5% début juin. En Europe, le rendement du Bund 10 ans a chuté de 18 pb, à 1,33%, tandis que celui de l’OAT 10 ans a baissé de 15 pb, à 1,91%.

Les déclarations des dirigeants de banques centrales mercredi à Sintra sur le risque de voir leur lutte contre l'inflation étouffer la croissance ont continué de peser sur le moral des opérateurs. La publication d’une progression inférieure aux attentes des dépenses de consommation aux Etats-Unis, qui représentent deux tiers du produit intérieur brut (PIB), ont conforté l’idée que l’inflation élevée et le resserrement monétaire agressif de la Réserve fédérale américaine, dont la priorité est désormais la lutte contre l’inflation, risquent de provoquer une récession dans les prochains trimestres. La croissance des dépenses de consommation a ralenti à 0,2% en mai, alors que les ventes d’automobiles sont à la traîne et que les prix élevés commencent à affecter les décisions d’achat des ménages américains. Par ailleurs, une mesure de l’inflation très suivie par la Fed, le core PCE (personal consumption expenditure price index) est ressorti à +4,7% contre +4,9% en avril rythme annuel.

Réallocations

La dernière séance du semestre a également pu être affectée par les réallocations des investisseurs, après le pire début d’année depuis des décennies. Aucune classe d’actifs n’a échappé à la correction au premier semestre hormis l’énergie (le pétrole et le gaz ont bénéficié de la guerre en Ukraine). Sur les marchés de taux, le souverain comme le crédit affichent des pertes de plus de 10%, avec une volatilité historiquement élevée en raison des atermoiements des banques centrales. Un choc massif pour une classe d’actifs censée être peu volatile.

Sur les marchés actions, il faut remontrer aux années 1970 pour voir des mouvements aussi marqués au premier semestre, voire le début des années 1960 pour l’indice Dow Jones qui cède près de 15% depuis janvier. Le S&P 500 abandonne 20,5% tandis que le Nasdaq enregistre sa pire performance historique entre janvier et juin avec une chute de 29,5%. L’indice MSCI Monde enregistre également sa pire performance en baisse de plus de 20%. En Europe, l’Euro Stoxx 50 perd 19,6%, le CAC 40 17,2%, le Dax 19,5% et le FTSE MIB 22,1%.

Les craintes de récession ont aussi pesé sur les métaux de base, très sensibles à la conjoncture. Le cuivre affiche ainsi sa pire baisse depuis 2011 au deuxième trimestre. Le contrat 3 mois sur le London Metal Exchange (LME) chute de 20,3% (-19,8% au premier trimestre 2020). Les autres métaux ont également chuté entre 20 et 40% sur le trimestre.

Les secteurs les plus sensibles à la conjoncture et à la hausse des taux ont été les plus touchés par la correction sur les marchés actions. En Europe, la distribution ferme la marche avec une chute de 36,6% depuis janvier. La technologie et l’immobilier perdent 32,4% et 31,6% respectivement. Les industrielles reculent de 27,2%. Seul secteur en hausse, l’énergie gagne 12,6%. Jeudi, les valeurs automobiles étaient particulièrement à la peine. Les banques faisaient également partie des valeurs délaissées par les investisseurs en Europe alors que la Banque centrale européenne (BCE) va demander aux banques de la zone euro de prendre en compte le risque d'une récession dans leurs prévisions, estimations qu’elle utilisera pour approuver ou non leurs propositions en matière de dividendes. La crainte de récession n’épargne aucun secteur.

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