Les investisseurs commencent à se mettre en retrait des actions

le 29/06/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’accélération de la pandémie de coronavirus aux Etats-Unis, où de nouvelles restrictions ont été décidées, fragilise le rallye des dernières semaines.

Les investisseurs se détournent des actions
Les marchés d’actions ont calé en juin alors que la pandémie de coronavirus continue de progresser.
(Image : Gerd Altmann/Pixabay)

Après avoir réalisé une hausse quasi ininterrompue en avril et mai, ce qui leur a permis de regagner une partie des pertes subies en février-mars, les marchés d’actions ont calé en juin alors que la pandémie de coronavirus continue de progresser et reprend de l’ampleur aux Etats-Unis. La semaine passée, l’ensemble des indices boursiers en Europe comme outre-Atlantique était en baisse, y compris le Nasdaq.

Le nombre de personnes testées positives dans le monde vient de dépasser les 10 millions, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour près de 500.000 décès. Les contaminations ont dépassé les 180.000 quotidiennes, un record depuis le début de la pandémie, et une progression qui n’est pas uniquement due à l’augmentation des tests. Les régions les plus touchées désormais, alors que l’épidémie semble plus ou moins maîtrisée en Chine et en Europe (malgré certains clusters qui inquiètent l’OMS), sont l’Asie du Sud-Est, avec notamment l’Inde où le nombre de cas a bondi de 20% la semaine passée, et l’Amérique latine. Le Brésil est devenu le deuxième le plus touché au monde avec plus de 1,3 million de cas après une progression de 13% la semaine passée avec un rythme quotidien de plus de 3%.

Un reconfinement 
est redouté

Mais c’est l’accélération dans une dizaine d’Etats américains dont la Californie, la Floride et le Texas (avec des progressions quotidiennes de 5% au cours des derniers jours) qui inquiète le plus. Le Texas a fermé ses bars et interdit certains rassemblements, réveillant le spectre d’un reconfinement et ses conséquences négatives pour l’économie. De même en Floride. Le Texas avait été l’un des premiers Etats à lever ses mesures de confinement en avril. Un nouveau confinement est l’un des risques majeurs souligné par le Fonds monétaire international (FMI) lors de la révision en forte baisse de ses prévisions économiques. Le nombre de cas aux Etats-Unis dépasse désormais 2,5 millions et son rythme de progression est au plus haut depuis un mois et demi.

Cette progression du virus qui n’est que la poursuite de la première vague épidémique et pas encore le fruit d’une deuxième vague tant crainte par les experts de la santé, commence à faire douter les investisseurs quant à la poursuite du rallye boursier. Le Fonds monétaire international (FMI) a averti dans son rapport de stabilité financière du risque d’une deuxième vague de correction sur les marchés vu le décalage entre l’optimisme de ces derniers, soutenu par l’intervention monétaire et budgétaire massive, et l’évolution de l’économie mondiale qui reste incertaine.

Ces inquiétudes se traduisent depuis deux semaines par des rachats dans les fonds actions. Les investisseurs ont retiré près de 14 milliards de dollars sur la période, selon les données d’EPFR et Bank of America mettant un terme à un courant positif sur les actions. Même les actions américaines ont subi la semaine passée des rachats, à hauteur de 6,6 milliards (les plus importantes sorties en près de deux mois), y compris les fonds technologie (-0,7 milliard, leur plus importante décollecte hebdomadaire depuis octobre 2019). Les actions européennes et émergentes ont été les premières affectées par le regain d’aversion pour le risque.

«Tant qu’un vaccin ne sera pas disponible, les flambées de cas de contamination maintiendront les investisseurs sur leurs gardes, mais nous pensons que les gouvernements sont désormais mieux préparés à gérer la pandémie et sont peu enclins à imposer de nouveau un confinement strict», juge Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays pour qui les contaminations en Chine et en Europe, régions plus avancées dans la pandémie, restent limitées. L’OMS a prévenu qu’un vaccin, s’il est développé, ne sera pas disponible avant un an. D’ici là, l’espoir du marché réside, en cas de deuxième vague ou d’impossible maîtrise de l’épidémie, en de nouvelles interventions des banques centrales et des Etats.

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