Ardian officialise son intérêt pour ADP

le 04/04/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société de gestion a confirmé à L’Agefi être associée au projet des départements d’Île-de-France visant à acquérir 29,9% du groupe aéroportuaire.

Aéroports de Paris (ADP)
La privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) fait toujours débat à l’Assemblée nationale et au Sénat.
(Photo Gwen Le Bras pour ADP.)

Alors que le sujet fait toujours débat à l’Assemblée nationale et au Sénat dans le cadre de la loi Pacte, la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) suscite de nombreuses convoitises. Si Vinci lorgne de longue date le premier groupe aéroportuaire au monde, confier la gestion d’un actif jugé stratégique à un opérateur privé est loin de faire l’unanimité chez les parlementaires, la privatisation des autoroutes dans les années 2000 ayant laissé des traces indélébiles.

C’est pourquoi les sept départements d’Île-de-France ont fait part début mars de leur volonté de détenir une minorité de blocage au capital d’ADP. Ils viseraient une participation de 29,9%, juste en dessous du seuil de déclenchement automatique d’une offre publique d’achat, avec le soutien d'Ardian.

Gouvernance
partagée

«Nous sommes évidemment intéressés par ADP, car il s’agit d’une des plus belles infrastructures en Europe et dans le monde, confirme à L’Agefi Mathias Burghardt, responsable d’Ardian Infrastructures (interview à retrouver dans L’Agefi Hebdo du 4 avril). Dans notre stratégie, nous considérons que, pour se développer, un aéroport doit être en osmose avec son territoire. […] Ardian est en effet associé à cette initiative qui repose sur une vision commune. […] Nous sommes convaincus que la bonne approche pour ADP est une gouvernance partagée.»

L'initiative des collectivités a été rendue possible après l’adoption d’un amendement du député Bourlanges autorisant «les collectivités territoriales et leurs groupements» à détenir du capital du propriétaire des aéroports d’Orly, de Roissy et du Bourget. L’opération prendrait alors la forme d’une vente de gré à gré au lieu d’un processus d’enchères qui ferait gonfler le prix. La participation voulue par les départements vaudrait quelque 6 milliards d’euros, sur la base de la valorisation d’ADP en Bourse. «L’idée qui a été émise, c’est qu’il y aurait 3 milliards d’euros d’emprunt. Ardian mettrait deux milliards et les collectivités un milliard d’euros», indique Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Des chiffres non confirmés par Ardian, qui vient de lever 6,1 milliards d’euros pour sa cinquième génération de fonds d’infrastructure dédié à l’Europe, un record.

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