Les projets de M&A abandonnés atteignent un record

le 31/08/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’échec du rapprochement entre Mondelez et Hershey s’ajoute à la longue liste des fusions-acquisitions avortées depuis le début de l’année.

Les projets de M&A abandonnés atteignent un record
La volonté du Trésor américain de limiter les inversions fiscales a contrarié plusieurs opérations en 2016, dont la tentative de Pfizer sur Allergan est la plus emblématique.

L’abandon par Mondelez, propriétaire d’Oréo et Cadbury, de son projet d’acquisition du chocolatier américain Hershey s’ajoute à la longue liste des transactions annoncées qui n’ont pas été menées à leur terme en 2016. A l’image d’une année qui a vu des fusions-acquisitions (M&A) de taille importante, parmi les opérations annulées figurent de nombreux mega-deals. L’offre de Mondelez valorisait ainsi Hershey près de 25 milliards de dollars dette comprise (22,4 milliards d’euros). Son échec suit le renoncement de Rank Group et de 888 à acquérir le bookmaker William Hill.

Selon ThomsonReuters, le retrait de Mondelez représente le sixième plus important de l’année. Deux opérations manquées ont dépassé la barre des 100 milliards de dollars: l’offre de Honeywell sur United Technologies (102,5 milliards) et celle de Pfizer sur Allergan (191,5 milliards). Les dix premiers deals abandonnés dépassent tous les 10 milliards.

Globalement, l’ensemble des transactions annulées depuis le 1er janvier atteint 668,3 milliards, un montant record depuis que ThomsonReuters suit l’activité des M&A. C’est quasiment le double par rapport aux huit premiers mois de 2015 (356 milliards).

Hershey est un cas particulier dans la mesure où il est contrôlé à 81% par une fondation caritative avec laquelle les discussions ont été en outre perturbées par le règlement d’un conflit avec le procureur de Pennsylvanie relatif à la gouvernance. Selon l’agence de presse Reuters, Hershey ne souhaiterait étudier aucune offre avant la recomposition du trust en 2017 et, le cas échéant, ne négocierait pas à moins de 125 dollars l’action – alors que Mondelez en proposait 115.

Plus largement, le marché des M&A a souffert de la surveillance accrue des autorités européennes ou américaines. L’antitrust a notamment bloqué le rapprochement entre les distributeurs de fournitures de bureau américains Staples et Office Depot (pour 6,3 milliards de dollars), l’acquisition de l’opérateur mobile britannique O2 par le hongkongais Hutchison (10,3 milliards de livres, soit 13 milliards d’euros) et la fusion entre les géants parapétroliers Baker Hughes et Halliburton (une opération de 38,5 milliards de dollars).

De même, la volonté du Trésor américain de limiter les inversions fiscales (qui permettaient aux groupes américains de se domicilier dans un pays à la fiscalité avantageuse) a contrarié plusieurs opérations en 2016, dont la tentative de Pfizer sur Allergan est la plus emblématique.

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