Les fonds levés lors des IPO en Europe sont en chute libre

le 18/07/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La brillante entrée en Bourse du japonais Line n’est pas à l’image du marché européen. Les trois introductions de juillet à Paris se sont faites en bas de fourchette.

Les fonds levés lors des IPO en Europe sont en chute libre
Sur le premier semestre 2016, Paris a enregistré 8 IPO pour 686 millions d’euros levés, soit une chute de plus de 75% en un an.
(Photo DR.)

Le succès de l’IPO de Line permettra-t-il de relancer les introductions en Bourse en Europe au second semestre ? Non seulement la messagerie instantanée japonaise s’est introduite en haut de sa fourchette indicative, mais encore l’action a flambé pour sa première journée de double cotation : de près de 27% à New York jeudi, et de près de 32% à Tokyo vendredi. La société japonaise est ainsi valorisée plus de 7,7 milliards d’euros.

Si les levées de fonds des introductions sur les Bourses européennes ont triplé entre le premier et le deuxième trimestre 2016, elles restent à de faibles niveaux, constate une récente étude de PwC. Sur le seul deuxième trimestre, les fonds levés ont reculé de 26% en un an à 14,4 milliards d’euros, en raison du contexte d’incertitude lié au Brexit. D’ailleurs, les IPO ont chuté de 75% à Londres – qui ne pèse plus que 11% des fonds levés en Europe – contre une baisse de 6% pour le reste de l’Europe.

Sur le premier semestre 2016, Paris a enregistré 8 IPO (dont 7 au deuxième trimestre) pour 686 millions d’euros levés, soit une chute de plus de 75% en un an.

Avec le Brexit, PwC anticipe une reprise progressive des entrées en Bourse au plus tôt en fin d’année ou début 2017, si la confiance revient. Néanmoins, le marché n’est pas fermé. D’ailleurs, le nombre d’IPO annulées ou reportées est resté stable à 11 sur le semestre. PwC estime que les introductions européennes ne devraient pas dépasser les 25 milliards d’euros en 2016 (dont déjà 14,4 milliards réalisés au premier semestre). Soit un retour sur les niveaux de 2013 (26,5 milliards) et une activité inférieure de moitié aux 49,5 milliards de 2014 et des 57,4 milliards de l’an dernier.

Depuis le début du mois de juillet, trois sociétés ont rejoint la cote parisienne, GenSight sur le compartiment C, Pharnext et Enertime sur Alternext. Mais ces trois entreprises se sont introduites en bas de leur fourchette indicative. Après avoir brièvement reporté son entrée en Bourse à l'annonce du Brexit, la biopharmaceutique GenSight vient de lever 40 millions. La semaine dernière, Pharnext, spécialisée dans les maladies neurodégénératives, a levé près de 31 millions. Au début du mois, Enertime, qui conçoit et produit des machines transformant la chaleur en électricité, a levé 4 millions.

En revanche, M2i, qui produit des alternatives naturelles aux pesticides, n’a pas réussi à s’introduire sur Euronext et privilégie désormais un financement privé.

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