Le régulateur britannique veut lutter contre le favoritisme lors des IPO

le 14/04/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La FCA envisage de réformer le processus des introductions en Bourse, notamment pour éviter les conflits d’intérêts au moment de l'allocation des actions.

Immeuble de la Financial Conduct Authority, au 25 The North Colonnade  à Londres.
Entrée de la Financial Conduct Authority, au 25 The North Colonnade à Londres.
(Crédit FCA.)

Les introductions en Bourse continuent de faire débat en Grande-Bretagne. Alors que les conditions de la mise sur le marché par l’Etat de Royal Mail fin 2013 avaient suscité une vive polémique, le régulateur financier du pays veut remettre de l’ordre dans le processus d’IPO.

La réflexion lancée hier par la Financial Conduct Authority (FCA), et à laquelle les différents intervenants du marché des introductions en Bourse sont invités à contribuer, doit aboutir à la publication d’un rapport final dans le courant de l’été 2016. Les mesures proposées pourraient alors faire l’objet d’une consultation de Place.

Mais la FCA dévoile dès à présent ce qu’elle a en tête dans son rapport intermédiaire. Quatre pistes sont avancées : supprimer l’utilisation par les banques de clauses limitant le choix des investisseurs ; permettre une information plus diversifiée et indépendante en amont du processus ; améliorer la crédibilité des classements (league tables) des banques introductrices ; et enfin éclaircir les questions d’éventuels conflits d’intérêts lors de l’allocation des actions entre les différents investisseurs.

Ce dernier sujet fait ainsi l’objet d’un «occasional paper» spécifique de la FCA qui a épluché les IPO réalisées à Londres entre janvier 2010 et mai 2015. Le régulateur a eu accès non seulement aux livres d’ordres et aux carnets d’allocation mais aussi aux revenus tirés par les banques lors de ces opérations. Et ses conclusions tendent à démontrer le favoritisme que de nombreux acteurs suspectent ou dénoncent en privé. Les courtiers ont ainsi tendance à mieux servir les investisseurs qui disposent des informations les plus utiles pour assurer la mise à prix de l’IPO (connaissance du management…). Surtout, « les teneurs de livre favorisent lors de l’allocation des actions les investisseurs auprès desquels ils génèrent par ailleurs le plus de revenus », écrit le rapport. Les données étudiées par la FCA montrent que les meilleurs clients sont 60% mieux servis que les clients «lambda».

La FCA ne sait pas si ce favoritisme est sous-optimal pour l’émetteur, d’autant que les grands clients des banques sont souvent les investisseurs de long terme. Mais le régulateur soulève le risque que le courtier soit tenté de tirer le prix de l’IPO vers le bas pour assurer une plus grosse plus-value à son client, au détriment de l’émetteur.

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