Playtech consolide le secteur du trading de CFD

le 02/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de jeux en ligne coté à Londres rachète la plate-forme en difficulté Plus500, deux mois après l'acquisition de TradeFX.

Playtech mise gros sur le trading financier en ligne. Deux mois après avoir annoncé le rachat de 91% du capital de TradeFX pour 208 millions d'euros, le groupe israélien de jeux en ligne (poker, loterie, bingo, paris sportifs...), coté à Londres, débourse près de 460 millions de livres supplémentaires (641 millions d'euros) pour s'offrir Plus500, un spécialiste des contrats de différence (CFD). Basée à Chypre et cotée sur le marché londonien Aim, la plate-forme s'est attiré les foudres du régulateur britannique ces dernières semaines.

La Financial Conduct Authority (FCA) a ordonné un examen indépendant des systèmes de sanction financière mis en place par Plus500 dans le cadre de la lutte anti-blanchiment. A la suite de cette mise sous surveillance, la plate-forme a cessé d'accueillir de nouveaux utilisateurs et a gelé certains comptes. Pour Playtech, fondé par l'investisseur israélien Teddy Sagi, bien que «les compétences de Plus500 restent fortes en matière de produits, de technologie et de marketing, l'attention récente portée par le régulateur à Plus500 a mis en évidence les avantages d'une extension de l'infrastructure opérationnelle». Playtech, dont les revenus ont progressé de 24% l'an passé à 457 millions d'euros, disposait de plus de 692 millions d'euros de trésorerie à fin décembre 2014 pour des acquisitions.

Le patron de Plus500, Gal Haber, rappelle dans un communiqué que la plate-forme a intégré le marché boursier londonien en juillet 2013 au prix de 115 pence l'action. Playtech s'apprête aujourd'hui à verser aux actionnaires de Plus500, dont le fonds alternatif Odey Asset Management, 400 pence par action en numéraire. Des short-sellers tels que Valiant Capital Management sont également entrés au capital.

Playtech a également saisi l'opportunité que présentait la fragilité passagère de Plus500. «Nous voulions agir rapidement», s'est justifié le directeur général de Playtech, Mor Weizer, lors d'une conférence téléphonique. «Nous pensons qu'en combinant les deux, nous remédierons à la situation. Il y a certains scénarios fixés dans l'accord qui font qu'en cas de changement négatif concret affectant l'activité, la transaction sera nulle», a ajouté le dirigeant.

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