Euronext confie son destin à Stéphane Boujnah

le 11/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le successeur de Dominique Cerutti présente un profil de banquier conseil, spécialiste du M&A et du financement des entreprises.

Euronext confie son destin à Stéphane Boujnah

C’est un spécialiste du M&A et du financement des entreprises qu’Euronext a décidé de porter à sa tête. Le conseil de surveillance de l’opérateur boursier a choisi Stéphane Boujnah comme président du directoire et directeur général pour succéder à Dominique Cerutti, parti par surprise chez Altran cet été. L’actuel responsable de la banque d’investissement de Santander pour l’Europe continentale prendra ses fonctions courant novembre, à la suite d’une assemblée générale extraordinaire des actionnaires qui se tiendra en octobre pour valider sa nomination. «Celle-ci sera également soumise à la non-objection du Collège des régulateurs d’Euronext, ainsi qu’à celle du Ministère des finances des Pays-Bas», précise un communiqué du groupe.

Dominique Cerutti venait du monde de l’informatique. Diplômé de Sciences Po et juriste, Stéphane Boujnah doit apporter à Euronext sa connaissance des grands émetteurs, alors que la Bourse s’efforce de resserrer les liens avec son écosystème, que son rachat par le Nyse avait distendus. D’abord conseil en M&A chez Freshfields, Stéphane Boujnah a aussi officié chez Credit Suisse et Deutsche Bank, avant de rejoindre Santander en 2010.

Mais son passage au cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy entre 1997 et 1999 lui a aussi donné une coloration politique de gauche. Un atout en sa faveur dans ce processus de recrutement qui aurait vu, de sources proches, quatre candidats s’affronter. L’Etat ne pouvait se désintéresser du dossier, vu l’importance d’Euronext pour la Place de Paris et le poids de grands actionnaires français (CDC, BNP Paribas, Société Générale…).

«Il n’y a qu’un seul Français sur les quatre membres du comité des nominations, et le nombre de Français au conseil de surveillance est inférieur à celui des Néerlandais. Stéphane Boujnah a été choisi à l’unanimité», indique cependant un bon connaisseur du dossier en réfutant toute nomination «politique».

Le nouveau patron d’Euronext devrait poursuivre la stratégie engagée par son prédécesseur: réduction des coûts, développement de relais de croissance tels que les dérivés, et du rôle de la Bourse dans le financement des PME. Il devra aussi composer avec les mêmes contraintes: le risque de taxe sur les transactions financières européennes plane toujours, le noyau dur des actionnaires expire en juin 2017, et Euronext, avec seulement 2,8 milliards d’euros de capitalisation, fait figure de proie en cas de consolidation du secteur.

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