Les émissions de dette corporate en euros s'amplifient

le 23/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les placements obligataires high yield de Synlab et Verallia destinés à financer leur rachat sont attendus dans les prochains jours.

La reprise du marché primaire de la dette corporate en euros se confirme. Les émissions investment grade comme high yield vont se succéder au cours des prochains jours. Bolloré a lancé les hostilités avec une émission investment grade de 450 millions d’euros à 6 ans hier. Devrait suivre dans les prochains jours Eurofins Scientific, non noté. Du côté du high yield, Labco compte lever plus d’un milliard d’euros, suivi par Verallia avec un montant total de 860 millions d’euros d’obligations à vendre.

Le contexte est porteur pour les émetteurs de dette corporate. Bolloré, qui visait 350 millions d’euros à 6 ans avec une marge de 250 points de base sur les taux mid-swaps, aura finalement vendu pour 450 millions d’euros d’obligations avec une marge resserrée à 235 points de base. La semaine passée, déjà, Alitalia et Aéroports de Paris avaient pu profiter de l’enthousiasme des investisseurs, avec un resserrement de la marge offerte de respectivement 20 et 15 points de base.

De quoi expliquer la décision de Verallia prise hier de réaliser sa prochaine émission uniquement en euros, au lieu d’un mix euro-dollar. Ce seront donc 560 millions d’euros d’obligations seniors garanties à 7 ans et 300 millions d’euros de dette senior non garantie à huit ans que l’entreprise d’emballages en verre proposera au marché. Cette émission s’inscrit dans le cadre du rachat par Apollo de cette filiale de Saint-Gobain pour 3 milliards d’euros, annoncé en juin dernier.

Même logique pour l’émission programmée par Labco après son rapprochement avec Synlab. Le groupe de laboratoires d’analyses proposera aux investisseurs 675 millions d’euros de dette garantie à échéance 2022 et 375 millions d’euros d’obligations non garanties à 8 ans.

Il s’agit donc clairement d’une reprise en bonne et due forme du marché primaire de la dette corporate en euros, fortement ralenti depuis juin du fait des incertitudes liées à la crise grecque. Si les émissions de dette en euros ont été plus soutenues sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à 2014, il aura finalement fallu attendre un mois de plus cette année pour dépasser les 700 milliards d’euros d’émission, d’après les chiffres compilés par Bloomberg. Emetteurs et investisseurs apparaissent désormais suffisamment confiants pour rattraper leur retard.

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