Après six mois d’agonie, CTPartners met la clé sous la porte

le 04/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A Paris, le bureau du leader mondial de la chasse de têtes, très présent dans les services financiers, a cessé son activité fin juin.

RIP CTPartners», (rest in peace, repose en paix, ndlr), peut-on lire sur certains sites internet américains. Cet été, après un fracassant scandale d'ordre sexuel et une longue agonie de six mois, le cabinet américain de chasse de têtes, géant mondial du secteur avec plus de 500 collaborateurs dans une cinquantaine de pays (dont 200 en Europe et 40 en France), a en effet définitivement mis la clé sous la porte. Son concurrent, DRH International, a annoncé, le 22 juin dernier, le rachat de certaines activités (17 bureaux et 250 salariés). Le 22 juillet, CTPartners a été retiré de la cote du Nyse.

Dans l’Hexagone, l’aventure de la firme new-yorkaise a aussi pris fin avec la fermeture du bureau parisien fin juin. Son ancien responsable, Sylvain Dhenin, a rejoint le cabinet Heidrick & Struggles, avec une quinzaine de ses collaborateurs - dont Muriel Moreau, chasseuse reconnue dans la finance (banque d’affaires, private equity), comme partner. Boyden a aussi recruté une consultante.

Dans les services financiers, CTPartners figurait parmi les structures de chasse incontournables de la place de Paris, avec un nombre important de consultants dédiés. Sylvain Dhenin avait pris les rênes du cabinet dès son ouverture en France en 2006, à 37 ans, avec un effectif de 10 consultants. La société d’executive search lui doit son succès, ainsi qu’à Diane Segalen, chasseuse de têtes vedette, spécialiste de l’industrie financière, qui a largement contribué à la notoriété de la marque jusqu’en 2011, date à laquelle elle est partie fonder son propre cabinet. Son départ avait ébranlé les équipes mais il n’a pas freiné CTPartners dans son expansion. Fin 2014, le cabinet rachetait son concurrent autrichien Neumann (90 consultants), doublant de taille en Europe.

A Paris, la disparition de ce grand acteur change la donne dans la chasse de têtes, secteur concurrentiel où les structures sont très hétérogènes. Peu présent ces dernières années dans les services financiers, Heidrick & Struggles va à nouveau pouvoir se faire une place. «Les services financiers représentent un tiers de notre activité au niveau mondial et une part moindre de nos revenus en France, expliquent Sylvain Dhenin, managing partner Europe de l’Ouest chez Heidrick, et Marc Bartel, managing partner France. Londres capte un grand flux de missions, notamment dans les grandes banques et la banque d’investissement».

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