Towerbrook encaisse les dividendes du retournement d’Autodistribution

le 12/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sorti de la sauvegarde l'an dernier, le spécialiste des pièces détachées automobiles abonde sa ligne obligataire pour rémunérer ses actionnaires.

En attendant de céder Autodistribution, le fonds Towerbrook fait remonter du cash. Le distributeur de pièces détachées automobiles, passé sous le contrôle de son créancier en 2009, a lancé hier un «dividend recap». La société a abondé à hauteur de 60 millions d’euros sa souche obligataire de 240 millions d’échéance 2019 émise en janvier 2014 et portant un coupon de 6,5%. Les fonds levés serviront à doter de 20 millions la trésorerie et à remonter un dividende de 40 millions à ses actionnaires: Towerbrook (63%), l’ancien propriétaire Investcorp (18%) ainsi que d’autres créanciers et dirigeants.

L’opération, menée par JPMorgan avec Oddo en soutien, signe une nouvelle étape dans le retournement de la société. Le rachat désastreux du britannique Finelist en 1999, dont les comptes étaient entachés d’irrégularités, a conduit le distributeur au bord de la faillite à la fin des années 2000. La restructuration de 2009 avait amené les créanciers à renoncer à 70% de la dette. Ce n’est que début 2014 qu’Autodistribution est sorti de sa procédure de sauvegarde, son émission high yield lui ayant permis de rembourser 180 millions d’euros de dette.

Dans la foulée, le groupe a racheté un spécialiste français des pièces de freinage, ACR, qu’il a intégré avec succès. En février, Moody’s a relevé d’un cran, à B1, la note du groupe, avec perspective stable. L’an dernier, Autodistribution a engrangé un chiffre d’affaires de 1,17 milliard d’euros, en hausse de 2,6%, mais a su faire progresser bien davantage sa marge, passée de 4,9% à 5,8% sur un an. L’Ebitda a progressé de 23% à 68,1 millions d’euros. Cette capacité à générer du cash, ajoutée à une trésorerie de 68 millions à fin 2014, explique que Moody's ait confirmé la note hier malgré un levier de 5,5 fois l'Ebitda «plutôt élevé» attendu fin 2015 par l'agence.

Après six ans aux commandes, les conditions d’une sortie de Towerbrook semblent donc réunies. Début mars, Bloomberg indiquait que le fonds de private equity avait engagé des discussions préliminaires avec des acquéreurs potentiels, dont d’autres acteurs du LBO. Il espérait valoriser l’entreprise autour de 600 millions d’euros. Le grossiste, qui emploie 5.500 collaborateurs en France et 1.000 en Pologne, anime un réseau français de 1.800 garages et carrosseries indépendants.

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