L'acquisition par DTZ de Cushman & Wakefield crée un acteur mondial

le 12/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nouvel ensemble concurrencera les leaders CBRE et surtout Jones Lang Lasalle. La cession élargit la marge de manœuvre d'Exor dans ses acquisitions.

Ca ne sera finalement pas Fosun. Cité à plusieurs reprises par la rumeur, l’investisseur chinois ne reprendra pas Cushman & Wakefield. Son actionnaire Exor, la holding de la famille Agnelli, a annoncé hier avoir cédé sa participation de 75% (après dilution) dans la société de courtage et de conseils en immobilier à DTZ, l’un des concurrents de celle-ci.

Cushman & Wakefield a été valorisé 2,04 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) dette comprise. Ce montant permet à Exor de réaliser une juteuse opération: «La transaction va générer un produit de 1,278 milliard de dollars [...], ce qui représente une plus-value d’environ 722 millions de dollars pour Exor», indique la holding italienne. En 2007, il avait acquis un peu plus des deux tiers de la société pour 565,4 millions de dollars. Le prix valorise Cushman & Wakefield un peu plus de 11,6 fois son Ebitda 2014 (175,4 millions de dollars).

Actionnaire principal de DTZ, TPG continue son processus visant à la constitution de leader mondial dans le conseil et le courtage en immobilier. Le nouvel ensemble – qui utilisera la marque Cushman & Wakefield – se rapprochera considérablement de CBRE (9 milliards de dollars en 2014) et sera au coude à coude avec Jones Lang Lasalle (5,4 milliards), les deux grands géants du secteur. DTZ affichait un revenu de 2,9 milliards de dollars pro forma l’année dernière et Cushman & Wakefield a publié un chiffre d’affaires de 2,1 milliards. Le nouvel ensemble revendique pour l’année en cours 5,5 milliards de dollars de revenus et plus de 4 milliards de mètres carrés de surface gérés pour le compte de tiers.

Le fonds d’investissement américain a mené le consortium qui a acquis DTZ en 2014, également composé de la société de gestion alternative hongkongaise PAG (à travers son fonds de private equity PAG Asia Capital) et de la caisse de retraite des enseignants de l’Ontario (OTPP). En janvier dernier, DTZ avait réalisé une première opération de croissance externe d’envergure, en acquérant Cassidy Turley, un courtier fortement implanté sur l’ensemble du continent américain.

Même si Exor n’en fait pas directement mention, la vente de la société lui donnera des marges de manœuvre dans la bataille qui l’oppose à Axis Capital pour prendre le contrôle du réassureur bermudien PartnerRe. Exor veut diversifier ses placements dans les services financiers, dont il considère les rendements comme plus fiables.

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