Le gouvernement tente de réveiller l'investissement

le 07/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un mécanisme d'amortissement accéléré pour les PME doit être dévoilé demain alors que l'investissement stagne.

Le dispositif d’amortissement des robots industriels pourrait être pérennisé et élargi aux achats de machines et de logiciels. Robotique ABB France / photo DR.

L’investissement des entreprises est promu au rang de grande cause nationale. Alors que doivent être détaillées demain à l’issue d’un séminaire gouvernemental des mesures permettant de le stimuler, et notamment l’idée d’un mécanisme d’amortissement accéléré pour les TPE et PME, les annonces anticipées de François Hollande le 3 avril témoignent de l’inquiétude de l’exécutif sur ce front. L’investissement des entreprises, nécessaire au rebond de l’emploi, reste en effet le parent pauvre de la timide reprise annoncée en France pour cette année.

La mesure la plus marquante annoncée demain sera un mécanisme d'amortissement accéléré pour les PME. «Les entreprises qui décideront d'accélérer leur projet, d'aller plus vite pour investir, se verront accorder un dispositif fiscal qui améliorera leur trésorerie et la rentabilité de l'opération. Cela sera applicable dès à présent», a indiqué vendredi dernier le président de la République.

Depuis le vote de la loi de Finances 2014, les PME qui achètent un robot industriel peuvent déjà l’amortir de manière accélérée sur 24 mois. Valable jusqu’au 31 décembre 2015, ce dispositif pourrait être pérennisé, et élargi aux achats de machines et de logiciels.

Pour financer l’investissement, les entreprises ont aussi besoin de capitaux. François Hollande a pu porter vendredi sur les fonts baptismaux le fonds Novi, dont la création avait été annoncée en septembre 2014. Sa taille finale atteint 535 millions d’euros, alors que le véhicule visait au départ une enveloppe de 300 millions pouvant être relevée jusqu’à 500 millions. Pas moins de 19 assureurs, 3 régimes de retraite, ainsi que la Caisse des dépôts, son promoteur, y ont souscrit.

Novi complète le fonds Nova, de 160 millions d’euros, créé en 2012, qui investit en fonds propres dans des valeurs moyennes cotées, et les fonds de prêts Novo, de 1,05 milliard. La Sicav se destine aux PME de croissance de 30 à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle se divise en deux compartiments: l’un, pesant 20% du total, investi en actions de sociétés cotées sur les compartiments B et C d’Euronext et sur Alternext, l’autre, de 80%, en actions et en obligations d’entreprises non cotées. Vu son succès en termes de collecte, elle pourrait être dédoublée.

«La Sicav Novi pourra panacher pour une même entreprise le financement en dette et en fonds propres, ce qui permettra d’abaisser le coût du capital. Le ticket moyen sera de 10 millions d’euros, environ trois fois moins que pour Novo. Une option prioritaire sera donnée à la sortie aux chefs d’entreprise pour le rachat des parts en capital détenues par Novi», précise Thierry Giami, conseiller à la direction générale de la Caisse des dépôts. Le choix de la ou des sociétés de gestion de Novi doit être arrêté demain soir.

Ces initiatives visent à relancer un investissement des entreprises qui reste désespérément plat en France. Il devrait stagner au premier semestre 2015, selon l’Insee, alors même que les instituts relèvent leur prévision de croissance autour de 1,1-1,2% cette année. L’Insee rappelait toutefois la semaine dernière qu’un décalage de plusieurs trimestres peut exister en France entre le réveil du consommateur et celui des chefs d'entreprise. Et la hausse attendue des marges des entreprises, à 31,3% de la valeur ajoutée fin 2015 contre 29,9% fin 2014, après plusieurs années de baisse, offre un motif d'espoir.

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