Equistone négocie le rachat d’Averys auprès de LBO France

le 27/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La transaction valoriserait le fabricant de rayonnages métalliques à 260 millions d'euros, soit 6,5 fois son Ebitda. Elle s'appuierait sur une dette «portable».

Averys devrait bientôt changer de main. LBO France, actionnaire depuis 2008 du fabricant français de rayonnages métalliques, serait entré en négociations exclusives avec Equistone, ont indiqué à L’Agefi des sources proches du dossier, confirmant une information de Capital Finance. Le processus de vente, dirigé par la banque Messier Maris, avait été lancé au début de l’automne, après le refinancement complet de la société par le biais d’un «dividend recap». Les parties intéressées ne font pas de commentaires.

De bonnes sources, Averys serait valorisé 260 millions d’euros en valeur d’entreprise, soit autour de 6,5 fois son Ebitda. Conseillé par Rothschild, Equistone a devancé Oaktree dans le dernier tour d’enchères.

Le montage de l’opération a été facilité par la nature du refinancement mis en place par Averys à l’automne 2014 auprès de BNP Paribas, RBC, Hayfin Capital Management et KBC. La documentation de la dette comportait une clause de portabilité qui permettait à la société, en cas de cession, de se «releverager» à 3,5 fois l'Ebitda en dette senior et de déclencher une dette mezzanine d'une fois l'Ebitda si besoin. De sources financières, Equistone devrait utiliser cette option en dette senior, alors que le levier d’Averys est revenu sous les 3 fois fin 2014. La transaction ne devrait pas inclure en revanche de tour de dette mezzanine à ce stade.

LBO France, qui avait déboursé 140 millions d’euros en 2008 à travers son fonds White Knight 8, devrait réaliser un multiple de 2,4 fois sa mise compte tenu du dividend recap de l’an dernier. Une belle opération qui n’allait pas de soi vu son calendrier. Averys a subi de plein fouet la récession de 2009, mais a été capable d’ajuster très vite sa base de coûts. Le groupe a donc pu repartir de l’avant en rachetant dès 2013 son concurrent belge. La transaction l’a fait doubler de taille et a porté d’un tiers à deux tiers la part de l’international dans son chiffre d’affaires. Ce dernier a atteint 357 millions d’euros en 2014, contre 346 millions l’année précédente.

Avec le soutien d’Equistone, Averys pourrait envisager d’autres acquisitions, par exemple pour traverser l’Atlantique, et développer sa récente implantation en Chine.

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