L'éditeur de logiciels eFront franchit un cap avec Bridgepoint

le 29/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rachetée 300 millions d'euros, la société française, d'envergure mondiale, bénéficie d'un marché en pleine expansion. Elle vise aussi des acquisitions.

Bridgepoint rachète un fournisseur. Le fonds d’investissement a confirmé hier l’acquisition pour 300 millions d’euros d’eFront, l’éditeur français de logiciels pour les gestionnaires d’actifs et plus particulièrement le secteur du private equity, comme l’avait révélé L’Agefi le 18 décembre dernier. Avec ce nouvel actionnaire, qui remplace le fonds californien Francisco Partners, la société fondée par Olivier Dellenbach espère afficher une croissance de 15% à 20% par an. En 2014, son chiffre d’affaires s’est élevé à environ 72 millions d’euros.

Déjà leader mondial du secteur, avec une bonne moitié de ses revenus aux Etats-Unis, eFront a plusieurs leviers de croissance. Son marché naturel ne cesse de grandir. «Plus de la moitié des fonds de pension et des fonds de private equity utilisent encore Excel, souligne Xavier Robert, associé chez Bridgepoint. Grâce à la qualité de son produit, eFront remporte 70% des appels d’offres». L’an dernier, l’éditeur a notamment séduit BC Partners et le fonds souverain de Singapour, GIC.

Il entend aussi élargir son périmètre d’activité à d’autres classes d’actifs alternatives, comme l’immobilier et les hedge funds. Une démarche logique pour aider les fonds de pension à suivre leurs multiples participations. «eFront peut fournir ces produits à la demande, mais n’en a pas encore fait une vraie proposition commerciale», indique Xavier Robert.

La société envisage enfin des opérations de croissance externe, visant «de petits éditeurs qui permettraient de rajouter des fonctionnalités au produit», selon Xavier Robert. L’intégration d’un module ESG (environnement, social, gouvernance) va par exemple s'imposer. Le groupe pourra s’appuyer sur une ligne de crédit multi-usage d’une trentaine de millions d’euros. Mais Bridgepoint et eFront n’excluent pas le rachat, plus ambitieux, de concurrents aux Etats-Unis, ce qui nécessiterait un financement ad hoc.

Le LBO a été monté avec une dette senior de 127 millions d’euros, apportée par Babson, ING, HSBC et Bank of Ireland. Le levier peut sembler élevé (8 fois l’Ebitda estimé 2014) mais diminuerait rapidement (5,3 fois fin 2015) vu les perspectives de croissance, sans compter un effet dollar aujourd'hui positif pour eFront. Rien d’étonnant, donc, à ce que les candidats se soient bousculés lors du processus de vente dirigé par Barclays Capital. Epaulé par DC Advisory, Bridgepoint a devancé au dernier tour Silver Lake, Permira et Astorg.

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