Bridgepoint va mettre la main sur l'éditeur de logiciels eFront

le 18/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds est en négociations exclusives avec Francisco Partners. La transaction valorise la cible à 300 millions d'euros, dont 127 millions de dette.

Bridgepoint s’apprête à mettre la main sur une pépite. Le fonds de private equity est entré en négociations exclusives pour racheter l’éditeur français de solutions logicielles eFront au californien Francisco Partners. Selon plusieurs sources financières, la valeur de la transaction tourne autour de 300 millions d’euros, dette comprise. Le financement, de 127 millions d’euros, sera apporté par HSBC et ING avec le soutien de Bank of Ireland et de Babson Capital, en attendant qu’une poignée de prêteurs supplémentaires se joignent au pool, a appris L’Agefi. Bridgepoint aurait opté pour une dette 100% senior.

eFront est bien connu du secteur du capital investissement. Le groupe est en effet spécialisé dans la fourniture de solutions pour l’univers du private equity et de la gestion: analyse de performance, suivi des lignes dans un portefeuille de participation, etc. Cette année, la société devrait réaliser un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros pour un Ebitda comptable de 16 millions d’euros, mais qui serait déjà en réalité supérieur à 20 millions compte tenu des nouveaux contrats signés.

Si ces chiffres 2014 font ressortir en apparence des multiples de valorisation élevés pour la transaction, le prix payé doit s’apprécier à l’aune des perspectives de croissance. A fin 2015, eFront viserait un chiffre d’affaires aux alentours de 90 millions d’euros, ce qui équivaudrait à une progression de 25% sur un an, pour un Ebitda de 24 millions. Sur cette base, Bridgepoint paierait l’éditeur 12,5 fois son Ebitda estimé et le levier reviendrait dans des eaux plus raisonnables, autour de 5,3 fois.

Le dynamisme d’eFront a attiré de nombreux candidats lors du processus dual organisé par le bureau new-yorkais de Barclays, qui avait aussi envisagé une introduction en Bourse. Côté européen, outre Bridgepoint, les fonds Permira et Astorg étaient sur les rangs. Aux Etats-Unis, où eFront réalise 40% de son chiffre d’affaires, des fonds américains comme TPG et Silver Lake ont participé aux enchères. Des industriels, comme Markit, auraient aussi regardé le dossier.

Cette concurrence a permis au fonds Francisco Partners de réaliser une très bonne affaire. En 2011, lorsque l’investisseur spécialisé dans les technologies avait retiré eFront de la cote, l’éditeur de logiciels avait été valorisé à 68 millions d’euros hors dette. Une valeur d’equity multipliée par 2,5 depuis lors.

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