Crédit Agricole CIB embarque avec Sumitomo dans le financement maritime

le 10/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux banques créent une société commune sur un marché du shipping qui n'a pas retrouvé toutes les capacités de prêt perdues après la crise de 2011.

CA CIB a signé la création d’une société commune, Sea Bridge Finance, avec Sumitomo Mitsui Trust Bank. Photo DR

CA CIB concrétise ses ambitions dans le financement maritime. La filiale du Crédit Agricole a signé la création d’une société commune, Sea Bridge Finance, avec la banque japonaise Sumitomo Mitsui Trust Bank (SMTB). Cette joint-venture, active dès janvier 2015, entend déployer un milliard de dollars de financement de bateaux dans les 18 mois.

Les deux partenaires se connaissent bien. Dans le shipping, où Sumitomo affiche un portefeuille de 11 milliards de dollars concentré à 95% sur le marché japonais, les deux banques travaillent ensemble depuis dix ans. Leur accord permettra à CA CIB d’élargir son accès à la clientèle japonaise. De son côté, SMTB, qui veut développer ce métier à l’international, mais n’a pas encore de réseau, pourra participer aux financements montés par le Crédit Agricole. Chaque partenaire proposera en effet à la joint-venture d’investir dans les transactions qu’il a arrangées.

«Le comité d’investissement de Sea Bridge Finance sera composé à parité de représentants de CA CIB et de SMTB, et prendra ses décisions à l’unanimité, précise Thibaud Escoffier, responsable mondial du secteur maritime chez CA CIB. Notre quote-part de financement sera définie transaction par transaction, en fonction de critères comme le risque de crédit. Au bout du compte, on peut penser que SMTB mettra un peu plus de 50% du financement, vu leur appétit».

Avec l’équivalent de 18 milliards de dollars de financements maritimes à son bilan, CA CIB revendique le troisième rang mondial du secteur, derrière les scandinaves Nordea et DnB, et le quatrième rang en comptant la banque publique allemande KfW. Le groupe a laissé passer la tempête de 2011, marquée par l’assèchement des liquidités en dollars, qui a vu Lloyds et Commerzbank sortir totalement de ce marché tandis que d’autres acteurs réduisaient la voilure. Les capacités de prêt avaient alors fondu de moitié.

Depuis, «le marché du shipping a retrouvé 75% de ses capacités de financement par rapport à la décennie 2000-2010, relève Thibaud Escoffier. La montée en puissance des agences export japonaises, coréennes et norvégiennes, et le développement du private equity, qui apporte 5 milliards de dollars par an, ont compensé en partie le retrait de certaines banques». Le financement de nouveaux bateaux représente 80 à 90 milliards de dollars par an, fournis aux deux tiers par les banques.

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