Les investisseurs en prêts LBO reprennent la main face aux emprunteurs

le 07/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les marges des loans sont orientées à la hausse depuis l'été. Les sociétés rachetées par des fonds doivent aussi consentir des décotes à l'émission.

Le coup de froid qui a saisi depuis l’été le marché du high yield n’a pas épargné le segment des prêts finançant les rachats à effet de levier. Alors que la fin du printemps avait été marquée par une accélération des syndications de prêts LBO, la remontée des marges sur les loans est sensible depuis deux mois. Sur les nouvelles tranches first lien dédiées aux investisseurs institutionnels, les marges sur Euribor sont passées en moyenne de 375 à 425 points de base entre mars et septembre, selon les statistiques de S&P LCD.

«La tendance continue à se prolonger en octobre et novembre», indique Thierry de Vergnes, directeur générale de la gestion de fonds de dette chez Lyxor AM.

«Les banques prêtent toujours, mais elles ont fait remonter les marges de 100 points de base, corrobore le patron d’un fonds de capital investissement à Paris. C’est d’ailleurs plutôt sain, compte tenu des niveaux très serrés atteints avant l’été». Plusieurs LBO financés le mois dernier ont ainsi dû revoir en cours de route les conditions offertes aux prêteurs - un «flex», dans le jargon des financiers. Outre les marges, la décote à l’émission et les clauses contractuelles se durcissent.

Le fonds Advent a modifié deux fois les termes de la dette de Corialis pour boucler le rachat du spécialiste belge des profilés en aluminium. Mi-octobre, le chimiste allemand Styrolution, repris par Ineos, a dû remonter à 550 pb au lieu de 450-475 pb la marge offerte sur sa tranche first lien de 1,05 milliard d’euros, et diviser par deux, à 200 millions, le montant de son prêt junior. Détenu par Carlyle, le groupe d’assistance automobile britannique RAC, considéré comme un bon crédit, a aussi dû en passer par un «flex» en émettant ses nouveaux prêts à 98,5% du pair, contre 99-99,5% proposés initialement.

Ces décotes à l’émission (OID, en anglais), qui s'élargissent depuis deux trimestres, constituent avec la marge les deux éléments du rendement à l’échéance des term loans B souscrits par les institutionnels. Tombé à un plus bas en début d’année, ce yield-to-maturity se redresse depuis, pour tutoyer les 5%. «Les classes d’actifs high yield obligations et loans dégagent aujourd’hui des rendements à l'échéance équivalents, alors que les loans bénéficient d’une position plus élevée dans la structure du capital», souligne Thierry de Vergnes.

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