Le voile se lève sur les difficultés financières du groupe LSK

le 29/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Assya AM, la société de gestion du groupe, s'est placée sous la protection de la justice après le suicide de son fondateur. DSK prend ses distances.

Après le suicide de son fondateur Thierry Leyne la semaine dernière à Tel-Aviv, le voile se lève sur les difficultés financières du groupe LSK. Assya Asset Management Luxembourg, la société de conseil en investissement et de gestion de fortune du groupe, a introduit auprès de la justice locale une «requête en sursis de paiement», a annoncé lundi soir la Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeois. En droit local, cette procédure distincte du redressement judiciaire et de la faillite permet de protéger de ses créanciers une société dont le bilan reste sain, mais qui «par suite d'événements extraordinaires et imprévus, est contraint[e] de cesser temporairement ses paiements», selon le Code de commerce.

La demande fait suite à un conflit avec La Bâloise, révélé lui aussi cette semaine. Le 3 octobre, la filiale luxembourgeoise de l’assureur suisse a fait condamner en référé LSK, Assya et Thierry Leyne à lui rembourser 2 millions d’euros. La Bâloise a fait saisir trois comptes en banque du groupe pour ce même montant. Il reproche à Assya AM de n’avoir pas respecté son mandat de gestion en concentrant ses investissements sur les sociétés de la nébuleuse LSK.

Au passage, l’affaire ternit un peu plus la réputation de Dominique Strauss-Kahn. L’ancien patron du FMI s’était associé à Thierry Leyne en septembre 2013 en prenant 20% du capital de la structure. Il avait tout récemment commencé à prendre ses distances. LSK a indiqué hier que Dominique Strauss-Kahn avait renoncé à la présidence du conseil du groupe… trois jours avant le suicide de son partenaire.

Assya AM revendique une cinquantaine de collaborateurs. Elle n’a pas laissé que de bons souvenirs en France. En 2010, Assya Capital s’était rapprochée du courtier Global Equities, avant d’en divorcer en 2012. Un groupe d’investisseurs mené par Thierry Leyne avait repris la marque ainsi que les activités de gestion, de capital investissement et d’assurance à l’international, logées au Luxembourg. C'est sur ce noyau que s'est bâtie la holding Anatevka, cotée sur le Marché libre et rebaptisée LSK après l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn. 

La Commission bancaire avait infligé fin 2012 une sanction à Global Equities, dont les dirigeants avaient invoqué pour leur défense des engagements non tenus de la part de l’actionnaire d’Assya Capital et des comptes 2010 «sujets à caution». Séparé de Thierry Leyne, le courtier, renommé GIS, a été placé en liquidation cet été.

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