Breega Capital devient le premier fonds à obtenir le statut EuVECA en France

le 07/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce fonds de capital-risque créé par des entrepreneurs de l’économie numérique cherche à séduire les institutionnels

Le fonds de capital-risque Breega Capital devient le premier en France à obtenir le statut EuVECA (European Venture Capital funds), né d’un règlement ad hoc adopté en juillet 2013 en parallèle de la directive AIFM sur les fonds d’investissement alternatifs. Ce règlement autorise les sociétés de gestion non AIFM à commercialiser dans toute l’Europe un fonds de capital-risque EuVECA (au-dessous de 500 millions d’euros) dans un cadre administratif assoupli, sous certaines conditions: être investi pour au moins 70% en actions de PME européennes non cotées, et sans effet de levier; avoir certaines ressources et procédures (notamment de valorisation et de reporting annuels); n’être commercialisé qu’auprès d’investisseurs avertis, pour un minimum de 100.000 euros.

«Les fonds EuVECA bénéficient d’un passeport européen simplifié, mais, à la différence des statuts AIFM ou Ucits, ne sont pas tenus d’avoir recours à un dépositaire, expliquent François Paulus (ex-Neuf Cegetel) et Benoît Marrel (ex-Macquarie Bank), deux des trois fondateurs avec Maximilien Bacot. Pour le reste, les formats de reporting, contrôle des risques et des conflits d’intérêts sont équivalents.»

Après avoir reçu le soutien initial d’une vingtaine d’entrepreneurs issus du numérique (Michel Combes, Frank Esser, Michel de Rosen, Serge Schoen, Jacques Veyrat…) en 2013, le fonds Breega Capital Venture 1 a séduit MF Prévoyance (groupe CNP) pour un premier «closing» à hauteur de 20 millions d’euros. Il prévoit de convaincre d’autres institutionnels européens pour atteindre rapidement l’objectif de 35 millions.

Breega Capital a déjà investi dans quatre start-up dont Clic and Walk (collecte de données marketing en temps réel), Doutissima (leader de l’information médicale en ligne en Amérique latine) et Zeepro (imprimantes 3D grand public). La stratégie: apporter entre 500.000 et 2 millions d’euros comme investisseur de référence dans de jeunes entreprises innovantes du secteur numérique répondant à un vrai besoin de marché en ayant déjà généré un peu de chiffre d’affaires.

«Avec pour objectif de les amener à être rentables et à s’internationaliser très vite, détaille François Paulus. Nous sommes avant tout des entrepreneurs qui souhaitons accompagner activement d’autres entrepreneurs sur des problématiques opérationnelles, et plus directement que dans d’autres fonds. Des entrepreneurs français, mais eux aussi très ouverts sur l’international.»

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