Le marché londonien des IPO envoie des signaux contrastés

le 26/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l'image de Saga, introduit en bas de fourchette, des prétendants à la Bourse révisent leurs ambitions. Les candidats continuent d'affluer

La frénésie de ces derniers mois sur le marché boursier londonien laisse place à une certaine forme de tension. Après le forfait de la marque de prêt-à-porter Fat Face, en raison «des conditions actuelles sur les marchés boursiers», l’assureur Saga a été contraint de réviser ses ambitions. La compagnie spécialisée sur la clientèle des plus de 50 ans a retenu un prix d’introduction de 185 pence l’action, alors que la fourchette indicative grimpait initialement jusqu’à 245 pence avant d’être ramenée à 205 pence.

L’émission de 297,3 millions d’actions, représentant 27% de son capital, a permis à la société de lever 550 millions de livres et la valorise à 2,1 milliards de livres. Conduite par Citigroup, Bank of America, Credit Suisse, Goldman Sachs, JPMorgan et UBS, en lien avec Investec et Mizuho, l’opération ne verra pas les actionnaires actuels, CVC, Permira et Charterhouse et le management, céder leurs titres.

Selon le prospectus de l’offre, ils prévoyaient de lever jusqu’à 314,7 millions de livres en milieu de fourchette. Ils ne pourront désormais espérer au mieux que 82 millions de livres environ en cas de levée de l’option de surallocation. Alors que la première séance a été plutôt poussive, avec un cours de clôture à 185,25 pence, le président exécutif de Saga, Andrew Goodsell, s’est félicité «du niveau de la demande venant à la fois des investisseurs particuliers et institutionnels, avec une offre sursouscrite plusieurs fois». De fait, Saga avait pris les mesures nécessaires afin de ne pas connaître les mésaventures de Card Factory, Just Eat, AO World ou Pets at Home, des valeurs qui s’échangent toutes en dessous de leur prix d’introduction. Un afflux d’IPO, en particulier sur le mid-market, a fait bouger le curseur en faveur des investisseurs. 

Hormis Fat Face, d’autres prétendants à la Bourse ont préféré tourner les talons face aux conditions de marché. Depuis le début de l’année à Londres, trois sociétés ont choisi cette option selon Dealogic : PassivSystems, qui a évoqué «une congestion» du marché, Matomy Media Group et AS Watson, le groupe de distribution qui visait une double introduction à Londres et Hong Kong. Ce contexte n’empêche pas les prétendants de se bousculer au portillon. Quatre sociétés ont dévoilé leur projet de cotation la semaine dernière : Zoopla, B&M, Wizz Air et River & Mercantile.

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