Les risques de trading demeurent significatifs dans les grandes BFI

le 23/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

S&P a passé quinze acteurs mondiaux au crible. Si le poids de ces activités a décru depuis 2009, l'agence juge qu'elles gardent un potentiel de déstabilisation

Lors des débats de 2013 sur la réforme bancaire, les grands acteurs français s’étaient employés à convaincre les pouvoirs publics que leurs activités de marché pesaient largement moins dans leur modèle économique qu’avant la crise de 2007. S&P partage ce constat dans une étude menée sur 15 grandes banques de financement et d'investissement (BFI) et publiée hier. Mais l’agence souligne que «les risques de trading demeurent significatifs, et pourraient déstabiliser les banques qui ne les gèrent pas correctement».

S&P s’est penchée sur les comptes des cinq grandes BFI de Wall Street, de l’australienne Macquarie, et pour l’Europe, de Deutsche Bank, Barclays, RBS, HSBC, Credit Suisse, BNP Paribas, UBS, et la Société Générale. Elle a étudié une série d’indicateurs: revenus de trading, parts de marché, volatilité d’une mesure du risque comme la VaR et des revenus quotidiens, nombre de jours de pertes de trading sur une année… Le tout en essayant d’harmoniser des données qui diffèrent souvent d’une banque à l’autre.

Conclusion générale: «comparé à la crise financière et à l’année 2009, les banques ont diminué leur profil de risque (…). Elles ont moins d’actifs de trading de niveau 3 (relativement peu liquides et difficiles à valoriser), des revenus de trading quotidiens moins volatils, moins de jours où elles perdent de l’argent» et où elles cassent leurs limites de VaR. S&P y voit l’effet conjugué de la pression réglementaire et de la faiblesse des volumes sur les marchés. Goldman Sachs (42% des revenus du groupe), Credit Suisse (36%) et Morgan Stanley (32%) sont les plus exposées à ces activités.

L’étude bouscule parfois les hiérarchies. JPMorgan et Citigroup apparaissent logiquement plus fortes qu’en 2010 en termes de parts de marché. Mais les banques qui montrent le plus d’appétit pour le risque de manière opportuniste, par exemple en se positionnant sur les ventes de gros blocs d’actions, sont Credit Suisse, BoA et UBS, juste devant la Société Générale. Sur 2009-2013, UBS a subi le plus de pertes quotidiennes (près de 300 jours), tandis que les modèles de VaR de Barclays et Deutsche Bank ont été pris 15 fois et 10 fois en défaut.

Enfin, si la part des actifs de niveau 3 sur les portefeuilles de trading est passée de 13% fin 2009 à 7% fin 2013 sur l’échantillon, elle reste supérieure à la moyenne chez Goldman Sachs, JPMorgan, Credit Suisse et Citi.

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