Goldman Sachs et Morgan Stanley profitent de la volatilité des matières premières

le 18/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Leur pôle de fixed income a bénéficié au premier trimestre du rebond du trading d'énergie, délaissé par certains concurrents

Morgan Stanley a créé la surprise. La banque américaine a annoncé hier des revenus en hausse de 9% au premier trimestre dans ses activités de fixed income and commodities (taux change et matières premières), à 1,65 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros). JPMorgan et Credit Suisse (premier européen à publier) ont accusé une baisse de 21% et Citi de 18%. BoA Merrill Lynch s’en sort bien à -2%, tandis que Goldman Sachs a limité la casse avec des revenus de fixed income en repli de 11%, à 2,85 milliards de dollars.

Comme Morgan Stanley, Goldman Sachs a mis en avant son dynamisme dans le trading de matières premières. «Les taux et les changes sont de plus grosses activités pour les grandes banques (Citi, BoA Merrill Lynch et JPMorgan, ndlr), tandis que les matières premières, qui ont connu un léger mieux ce trimestre mais partaient d’un point bas, et le crédit, qui a été plus résilient, sont des moteurs plus importants chez les bulge brackets (teneurs de marché, ndlr)», estime Devin Ryan, analyste de JMP Group cité par Bloomberg.

Sans détailler la contribution du trading de matières premières à leurs résultats trimestriels, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont augmenté sa value at risk (VaR), à respectivement 21 et 20 millions de dollars. L’hiver très rigoureux en Amérique du Nord a entraîné une forte volatilité des cours de l’énergie, gagnante pour certains, perdante pour d’autres comme Cargill, dont les revenus ont baissé de 28% à fin mars.

Le trading d’énergie et autres ressources naturelles a rapporté l’an dernier 4,5 milliards de dollars aux dix banques les plus actives, selon la société d’analyse Coalition. Cela reste bien loin des 14 milliards de 2008, mais les deux banques peuvent tirer parti du retrait de certains concurrents. Si Morgan Stanely est en passe de céder son activité pétrolière au groupe russe Rosneft, JPMorgan sort carrément du courtage physique (vente, transport et stockage), vendu au genevois Mercuria pour 3,5 milliards de dollars.

Sa décision fait suite à une pénalité de 410 millions de dollars pour manipulation des cours de l'électricité et aux menaces d’interdiction du courtage physique aux banques américaines. Après la publication à l’automne d’un rapport très partial, ces dernières ont redit mardi leur opposition à cette mesure. Dans une lettre à la Fed, elles assurent que les bénéfices de l’activité «dépassent largement les risques potentiels».

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