Les activités de taux des BFI sont à l'aube d'une profonde restructuration

le 21/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La dernière étude d'Oliver Wyman et Morgan Stanley souligne l'impact du ratio de levier sur la rentabilité de ces métiers

Activité en baisse, exigences réglementaires accrue sur les produits dérivés, et bientôt mise en œuvre du ratio de levier: les activités de taux des banques d’investissement n’ont pas fini de souffrir. L’étude annuelle d’Oliver Wyman et de Morgan Stanley sur le secteur souligne l’ampleur de l’ajustement qui reste à accomplir par les BFI. Alors que la base des revenus dans les taux et change est retombée à 60% des sommets de 2009, le futur leverage ratio pénalisera la rentabilité de ces métiers, encore plus que l’approche Bâle 3 par les risques pondérés.

«Nous estimons que 35% à 40% des actifs Bâle 3 de l’industrie des taux, change et matières premières seront immobilisés dans des activités de taux OTC qui dégagent une rentabilité à un chiffre, même après les actions entreprises pour réduire les bilans», estiment les auteurs de l’étude. La réforme des dérivés de gré à gré, qui s’accompagne d’une exigence accrue de collatéral sur les positions prises, rend plus coûteux le trading de ces produits. Les métiers de taux sont aussi les plus exposés à un retrait désordonné des politiques d’assouplissement quantitatif des banques centrales. Oliver Wyman et Morgan Stanley estiment ainsi que les hésitations autour du tapering de la Réserve fédérale américaine ont coûté 3 à 5 milliards de dollars de revenus au secteur au troisième trimestre 2013.

«Les banques doivent agir de manière radicale», souligne l’étude. «Nous estimons qu’il faut retirer de 15 à 20 milliards de dollars de capital à l’échelle du secteur dans les métiers de taux pour que ceux-ci atteignent leur objectif de rentabilité, compte tenu des revenus attendus», indique le rapport. Les suppressions de postes que Deutsche Bank et Barclays s’apprêtent à dévoiler risquent d’en annoncer d’autres.

Les activités de taux des banques d’investissement n’ont pas fini de souffrir.
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Les activités de taux des banques d’investissement n’ont pas fini de souffrir.

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