Wendel attend de premières offres pour le spécialiste des mortiers Parex

le 09/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe, qui a échoué à céder une autre activité de Materis en 2012, joue une partie serrée pour obtenir le prix de vente qu'il souhaite

L’heure de vérité approche pour Wendel. Le groupe attend cette semaine la remise des offres pour le premier tour d’enchères organisé par les banques BNP Paribas et Rothschild pour la vente de Parex, l’une des divisions du groupe de chimie de spécialités pour la construction Materis. Wendel, qui détient 75,5% de Materis, a annoncé fin août la mise en vente de Parex, spécialiste des mortiers, pour désendetter le groupe. La transaction pourrait constituer l’un des rares gros LBO de l’année en France, mais s’annonce tout sauf simple.

«C’est le genre de dossier que tous les grands fonds regardent», note un banquier. De là à déposer une offre, il y a cependant un pas. Entre Terreal, Monier et même Materis, qui a dû renégocier sa dette avec ses créanciers en mai 2012, le secteur du BTP en France a été un gros pourvoyeur de désillusions, notamment pour les LBO montés entre 2005 et 2007 avec un fort endettement. Même si Parex se distingue avec une croissance de 7,4% de ses revenus au premier semestre 2013, et réalise désormais près des deux tiers de son chiffre d’affaires hors de France, certains fonds préfèrent rester à l’écart du BTP.

En cas de vente à un fonds, les prêteurs ne seront pas non plus prêts à mettre un levier démesuré. «Il est tout à fait possible que Parex sorte à un levier de dette dans la fourchette de 4-5 fois l’Ebitda», note un banquier. Le fabricant de mortier étant bien parti pour dépasser les 100 millions d’euros d’Ebitda cette année (51,9 millions à fin juin), un LBO pourrait se monter avec un demi-milliard d’euros de dette. Reste à mettre autant de fonds propres pour satisfaire les exigences du vendeur: fin août, Wendel attendait un multiple de 10 fois l’Ebitda en valeur d’entreprise.

Une vente de Parex n’a en effet de sens que si elle se fait à un multiple qui permet de désendetter Materis, dont la dette nette atteignait 7,4 fois l’Ebitda fin 2012. Or, en 2012, Wendel a déjà cherché à vendre une autre activité de Materis, Kerneos, spécialiste des aluminates, dont la holding attendait aussi un multiple de 10 fois l’Ebitda. Un prix que ni Astorg ni Imerys, cités comme les candidats les plus intéressés, n’étaient prêts à mettre. Le groupe aurait aussi sondé l’intérêt du marché pour Chryso, la troisième des quatre divisions de Materis, qui produit des adjuvants pour le béton et le ciment. Wendel ne faisait hier aucun commentaire.

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