Allianz boucle le premier financement obligataire d'un PPP en France

le 22/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assureur va refinancer les 127 millions d'euros de prêts bancaires servant à la construction de la Cité de la musique à Boulogne-Billancourt

C’est une première en France. Le contrat de partenariat public-privé (PPP) conclu pour la construction et l’exploitation de la Cité musicale sur l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt va être financé par obligations. Allianz Global Investors Europe a accepté de souscrire ce premier «project bond» français, sur lequel ont planché les cabinets Orrick Rambaud Martel, Gide et Taj.

Le projet a été mené par Bouygues et le fonds InfraVia d’Ofi. La Cité musicale, qui associe un auditorium, des salles de répétition, des bureaux et commerces, sera exploitée par Sodexo et TF1. Le gros du financement est apporté, dans un premier temps, à hauteur de 160 millions d’euros par les banques HSBC, BTMU et BayernLB, dont 127 millions pour le coût de construction. Durant cette première phase, les banques sont les mieux à même de gérer les tirages et le risque du projet. Cette portion de 127 millions sera ensuite refinancée par Allianz GI lors de la livraison du chantier en juin 2016.

La transaction repose sur un fonds commun de titrisation (FCT) et le principe des créances Dailly, par lequel la puissance publique (ici le département des Hauts-de-Seine) s’engage irrévocablement à verser des redevances. Ces flux seront perçus par le fonds commun qui rémunérera les obligations, d’une durée de 30 ans comme celle du PPP. «Le FCT est déjà en place et a émis les obligations, mais celles-ci ne seront totalement libérées qu’en juin 2016», précisent Stéphane Derouvroy et Christophe Bruguier, chez HSBC. Le coût du financement est tenu secret.

Les banques trouvent là le moyen de sortir de leur bilan des engagements réclamant des ressources longues, tandis que l’assureur gagne un surcroît de rendement par rapport aux emprunts d’Etat. «Il s’agit de notre premier investissement en dette d’infrastructures. Nous annoncerons d’autres opérations dans les prochains mois: dans la plupart d’entre elles, nous prendrons du risque construction», explique Francois-Yves Gaudeul, directeur dettes d'infrastructures chez Allianz GI.

Ses promoteurs espèrent que ce project bond en appellera d’autres. «En France, les appels d’offres de PPP sont souvent rédigés sur la base de financements bancaires, avec une notion d’engagements qui ne correspond pas à l’approche des investisseurs institutionnels. L’ensemble des parties doit se coordonner pour lever ce frein aux project bonds», soulignent Stéphane Derouvroy et Christophe Bruguier.

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