bpifrance se laisse du temps pour ses dividendes et ses rendements

le 16/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nicolas Dufourcq présentait hier devant le Parlement la doctrine du nouvel établissement public. Ses relations avec l'APE seront clarifiées

Nicolas Dufourcq présentait hier devant le Parlement la doctrine du nouvel établissement public. Photo: dr

Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d’investissement (bpifrance), présentait en audition devant les parlementaires la doctrine de l’institution financière.

L’ex-numéro deux de Cap Gemini est revenu sur son périmètre d’intervention: investisseur minoritaire actif, sans limite de taille ni de stade d’investissement (des TPE aux ETI, plus rarement les grandes entreprises), dans tous les secteurs à l’exception de l’immobilier, des infrastructures, de la banque, de la presse et des instituts de sondage. Toute exception fera l’objet d’une décision unanime du conseil d’administration.

L’institution a prévu «d’investir 9,2 milliards d’euros en direct au capital d’entreprises françaises entre 2013 et 2017, dont 1,7 milliard dans le pôle consacré aux PME, 500 millions dans le capital-risque et 7 milliards dans les ETI et exceptionnellement les grandes entreprises», a déclaré Nicolas Dufourcq. Dans la dernière catégorie, entre 3 et 4 milliards d’euros seront sanctuarisés pour les seules ETI sous forme d’un FCPR. Par ailleurs, 2,7 milliards d’euros seront consacrés à l’investissement indirect (via des fonds).

bpifrance sera également en mesure de racheter des sociétés sous LBO (pour éviter que celles-ci ne passent sous contrôle étranger) et d’accompagner des opérations de retournement, confirmant les propos tenus le 10 avril dans L’Agefi Quotidien. Concernant la possibilité d’actions de concert entre Bpifrance et l’Agence des participations de l’Etat (APE), son actionnaire, Nicolas Dufourcq a annoncé que le responsable de l'APE, David Azéma, travaillait à l’élaboration d’un projet de doctrine sur le sujet.

La politique de dividendes de bpifrance sera fixée au printemps 2014. «Nous avons expliqué aux pouvoirs publics l’intérêt d’attendre une année pleine d’exercice avant de prendre une décision. Le niveau des dividendes dépend notamment des dotations budgétaires de l’Etat. Ainsi, rien n’était prévu pour les garanties dans le budget 2013», explique Nicolas Dufourcq.

Corollaires des dividendes, les objectifs de rendement seront précisés au terme des discussions avec les actionnaires. «Entre 1995 et 2011, le rendement moyen de CDC Entreprises atteint 2%. C’est un rendement de mission d’intérêt général: on ne peut aller plus bas, car bpifrance a une activité importante d’amorçage et de capital-risque. Le rendement moyen du FSI est de 6%. Nous travaillons sur cet ordre de grandeur», précise Nicolas Dufourcq.

A lire aussi