Des tendances structurelles pourraient accélérer les levées de fonds

le 29/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'atonie des marchés cotés et les obligations de versement croissantes des investisseurs institutionnels poussent à la recherche de rendement

Illustration: Fotolia

Après deux années difficiles pendant lesquelles les gérants de capital-investissement ont lutté pour lever leurs fonds, la dernière étude mondiale publiée par Bain & Company la semaine dernière affiche un certain optimisme pour 2013: dans la partie dévolue à la collecte, le cabinet de conseil évoque un vent d’optimisme des investisseurs institutionnels.

Citant le baromètre de Preqin datant du mois de décembre, il rappelle que 86% des investisseurs (ou LP, pour limited partners) interrogés prévoyaient de consacrer à cette classe d’actifs des montants aussi importants qu’en 2012, sinon supérieurs.

L’allocation moyenne envisagée par les fonds de pension américains à l’égard du private equity est passée de 7,5% au début de l’année 2012 à 8,3% un an plus tard. Pour les fonds de pension détenant plus de cinq milliards de dollars d’actifs, l’allocation est passée de 8,2% à 9,7%. Les années précédentes, la morosité des marchés actions expliquait presque à elle seule la montée mécanique de la part consacré au capital-investissement. Cela ne devrait plus être autant le cas à l’avenir.

Ainsi, le fonds de pension des employés du comté de Los Angeles (LACERA), dont le portefeuille total atteint 38,6 milliards de dollars, avait vu l’allocation au non-coté passer de 7% pendant des années à 10% en 2012 du fait de la valorisation de ses participations. Constatant cet état de fait et la déshérence des marchés cotés, LACERA a fait passer son objectif d’allocation à 11%. Encore plus ambitieux, le Washington State Investment Board (WSIB) s’est fixé un objectif de 25%, avec une marge de plus ou moins 4 points de pourcentage. En 2012, WSIB a notamment confié 400 millions de dollars aux gérants Advent International, Oaktree Capital et First Reserve.

«En majeure partie, l’appétit des LP pour le private equity reflète une quête désespérée du rendement qui leur permettra d’accroître leurs performances, alors que les marchés de taux n’ont pas tenu leurs promesses et que les rendements boursiers se sont révélés récemment alléchants mais erratiques. Alors qu’ils doivent faire face aux échéances de versement croissantes vis-à-vis des retraités ou des institutions pour lesquelles ils travaillent, les investisseurs augmentent la part destinée au non-coté, qui a toutes les chances de demeurer la classe d’actifs la plus rémunératrice», expliquent les consultants de Bain.

Levées de fonds en capital investissement
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