Les groupes américains se montrent réservés vis-à-vis des cibles asiatiques

le 04/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plus de 50% des responsables américains interrogés jugent l’Asie du Sud-Est comme la région la plus risquée, selon une étude de Clifford Chance

Les opérations de fusions et acquisitions transfrontalières sont recherchées par 78% des grandes entreprises interrogées au premier trimestre 2012 par «The Economist Intelligence Unit» pour le compte du cabinet d'avocats Clifford Chance. Cette enquête, réalisée dans le monde entier auprès de 377 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1 milliard de dollars, montre que 79% d’entre eux privilégient à travers cette démarche le renforcement de leur cœur de métier, plutôt que la diversification de leurs activités.

Si les marchés émergents constituent un terrain de chasse préféré pour 56% des répondants, des divergences notables sont perceptibles selon la région des acquéreurs potentiels. Les dirigeants européens désignent ainsi la Chine comme premier marché cible, devant l’Allemagne et l’Inde. Se tournant plus volontiers vers les marchés développés, les entreprises américaines sont nettement plus réservées envers l’empire du Milieu qu’elles placent en 10e position, l’Asie du Sud-Est et le Japon arrivant respectivement à la 13e et 15e place.

Plus de la moitié des responsables interrogés outre-Atlantique considèrent les pays du Sud-Est asiatique comme les plus risqués pour une opération de croissance externe, contre seulement 8% des responsables européens. De leur côté, les dirigeants asiatiques mettent en avant leurs ambitions d’expansion dans la région, devant une implantation en Amérique du Nord, au Proche-Orient ou au Brésil.

Un protectionnisme trop marqué constitue l’un des principaux freins aux projets de fusions et acquisitions dans les zones émergentes, d’où la propension grandissante à recourir à des partenariats ou à des coentreprises pour prendre pied sur ces marchés. Ce type de transactions est désormais privilégié par 37% des dirigeants interrogés, contre 34% voici deux ans.

«Dans certaines régions, l’attention portée par les entreprises aux enjeux politiques et culturels peut être tout aussi déterminante dans le succès d’une opération que l’appréhension des obstacles réglementaires», souligne Dessislava Savova, associée au sein de l’équipe Corporate de Clifford Chance à Paris.

L’instabilité fiscale, la faible protection des intérêts des investisseurs étrangers et la corruption font également partie des principaux risques politiques mentionnés pour les transactions qui ciblent les marchés à forte croissance.

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