La fronde des actionnaires contre les bonus prend de l'ampleur

le 03/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Comme celle de Credit Suisse, l'assemblée générale d'UBS devrait être marquée aujourd'hui par les critiques sur les rémunérations des dirigeants

Après Citigroup et Barclays, bientôt UBS ? La banque suisse, qui a publié hier des résultats jugés de bonne facture (lire ci-dessus), pourrait connaître aujourd’hui une journée plus mouvementée. Elle tient en effet son assemblée générale annuelle, à l’occasion de laquelle certains de ses actionnaires feront part de leur mécontentement sur la politique de rémunération des dirigeants du groupe. Un mouvement de fronde qui, cette année, a pris une ampleur particulière dans le secteur de la finance.

Des investisseurs et des agences en conseil de vote tels que F&C, Hermes Equity Ownership Services, ISS et Ethos ont déjà exprimé leurs réserves. L’exercice 2011 a été marqué chez UBS par une chute de 27% du titre en Bourse, et par un scandale de trading qui a coûté 2,3 milliards de dollars aux activités de dérivés actions. Cela n’a pas empêché le groupe d’attribuer un total de 70 millions de francs suisses de rémunération aux 12 membres de son comité exécutif, contre 91 millions de francs l’année précédente.

Alors que la rentabilité structurelle du secteur bancaire est appelée à diminuer, notamment dans la banque d’investissement du fait des nouvelles réglementations, le retour à des niveaux de rémunérations rappelant ceux de l’avant-crise passe mal auprès des investisseurs. C’est tout le sens des pressions qui ont amené Barclays à revoir sa copie dans ce domaine le mois dernier. La banque a dû soumettre le versement du bonus différé de son patron Bob Diamond à un critère de performance supplémentaire, celui d’un retour sur fonds propres dépassant le coût du capital.

Le vote consultatif sur la politique de rémunération de la banque britannique n’a cependant recueilli que 73% d’avis favorable le 27 avril. Chez Credit Suisse, la proportion de votes «contre» a même atteint 32%, contre 26% l’année précédente. Pour l’heure, seuls les actionnaires de Citigroup ont réussi à rejeter – toujours de manière consultative – les projets de rémunération des dirigeants, à 55%.

La fronde déborde le cadre des banques. Chez Man, le hedge fund britannique confronté à une décollecte régulière et à la chute de son action, un tiers des actionnaires se sont opposés le 1er mai au renouvellement du mandat de l’une des membres du comité des rémunérations.

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