Les refinancements bancaires sécurisés gagnent en popularité

le 11/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si ce marché est difficile à évaluer en raison de son caractère privé, cette classe d'actifs intéresse les investisseurs institutionnels

Photo: Thinkstock

La crise financière, associée au durcissement des réglementations, a conduit les banques européennes à diversifier leurs sources de financement pour assurer leur liquidité. Face à des investisseurs devenus méfiants, elles développent le financement sécurisé, proche des traditionnelles obligations foncières, dans des transactions bilatérales.

Le financement bancaire sécurisé (aussi appelé collateral upgrade transaction, security funding transaction, liquidity swap ou collateral switch) consiste pour l’investisseur à financer un établissement sur une maturité fixe, en l’échange d’un collatéral constitué d’actifs illiquides apporté par la banque et d’une rémunération. Les investisseurs sont en général des compagnies d’assurance et des fonds de pension: en effet, ces derniers disposent de passifs stables. Des banques riches en liquidités (principalement américaines) proposent également de telles transactions à leurs homologues européennes.

«D’opérations souvent interbancaires, portant sur des actifs traditionnels (actions, obligations d’entreprises) en 2008, on est passé à des transactions qui impliquent des investisseurs institutionnels et concernent des actifs comme les dettes seniors de titrisation, les prêts garantis export ou les prêts aux PME», indique Gaëlle Philippe, responsable de la gestion ABS chez Axa Investment Managers.

Le placement offre une sécurité à l’investisseur, puisque sa propriété sur le collatéral est reconnue dès le départ en cas de défaut. En outre, le collatéral est surdimensionné par rapport à la valeur de l’actif prêté – dans une fourchette comprise en général entre 115 et 125%. Vis-à-vis des règles prudentielles de Solvabilité 2, l’investisseur assureur peut aussi réduire son risque de contre-partie grâce au collatéral.

S’agissant de transactions privées, la taille du marché est difficile à évaluer. «Leurs montants unitaires constatés oscillent entre 100 millions et un, voire deux milliards d’euros», répond Gaëlle Philippe. En février dernier, le régulateur britannique Financial Services Authority (FSA) a accueilli positivement les liquidity swaps avec les assureurs, «dans la mesure où les risques sont convenablement identifiés et gérés par les deux parties». Ces risques, soulevés par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) l’année dernière, comprennent l’exposition de l’investisseur à une faillite bancaire, donc le risque d’une crise systémique.

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