Les échecs de fusion de Bourses se multiplient depuis un an

le 13/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le coup d'arrêt probable à la fusion de Nyse Euronext et Deutsche Börse montre les limites de la consolidation tant attendue du secteur

Les dirigeants de Nyse Euronext ne cachent même plus leur pessimisme. Selon l’AFP, dans une vidéo envoyée aux salariés de la Bourse transatlantique, le directeur général, Duncan Niederauer a reconnu que la Commission bloquerait probablement la fusion avec Deutsche Börse. Si l’échec était confirmé, il viendrait s’ajouter à une liste déjà longue de fusions avortées en près d’un an.

Officiellement, rien n’est encore perdu pour Nyse Euronext même si les équipes du commissaire à la Concurrence («case team») ont, selon la presse, refusé le rapprochement, en dépit des concessions proposées. Les deux Bourses, qui ne veulent pas se séparer de Liffe et d'Eurex, ne peuvent plus mettre de nouvelles cessions d’actifs sur la table. Tout juste peuvent-elles faire du lobbying dans les couloirs de Davos et auprès des autres commissaires, qui devraient se prononcer sur le sujet le 1er ou le 8 février. Les espoirs sont très minces, car rares sont les cas où la Commission a changé d’avis sur le tard. Chez Nyse Euronext, on fait quand même valoir qu’en 1997, la «case team» s’était montrée défavorable à la fusion de Boeing et MacDonnell Douglas. Celle-ci a finalement été autorisée après l’intervention de Bill Clinton et l’obtention de nouvelles concessions.

Si les commissaires bloquaient la fusion, Nyse Euronext et Deutsche Börse viendraient compléter la liste des Bourses qui ont dû rompre leurs fiançailles. 2011 avait pourtant démarré en fanfare. En février, le London Stock Exchange révélait qu’il était en négociations avec la Bourse de Toronto, TMX, pour créer un champion de la cotation des groupes de matières premières. En juin, il jetait l’éponge, faute d’avoir obtenu le soutien des actionnaires canadiens. Maple, le consortium de banques qui souhaite reprendre la main sur TMX, est lui-même confronté aux autorités de la concurrence.

Après l’annonce de négociations entre Nyse Euronext et Deutsche Börse, Nasdaq OMX, allié à Ice, a tenté de faire une contre-offre sur la Bourse transtlantique. Le tandem a  dû y renoncer en mai, faute de pouvoir obtenir l’autorisation des autorités américaines. Enfin, le gouvernement et la banque centrale australienne se sont opposés à la reprise d’ASX par la Bourse de Singapour.

Les plates-formes alternatives tirent une fois de plus leur épingle du jeu. En novembre, Londres a permis le rapprochement de Bats Global Markets et Chi-X Europe.

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