Le build-up s'avère une stratégie gagnante dans les opérations de LBO

le 13/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La majorité (51,4%) des LBO avec build-up affiche un retour compris entre 2 et 5 fois l’investissement, contre 45,5% des LBO sans build-up

Procéder à une opération de build-up semble se révéler être une stratégie gagnante pour les fonds de LBO. La majorité (51,4%) des LBO avec build-up - un regroupement de plusieurs sociétés - affiche en effet un retour compris entre 2 et 5 fois l’investissement, contre 45,5% des LBO n’ayant procédé à aucun build-up, selon une étude réalisée par Oliver Gottschalg, professeur à HEC, sur un panel de 1.905 transactions (dont 504 build-up).

Par ailleurs, «les taux de perte partielles et totales des opérations de build-up sont inférieurs à ceux de l’ensemble des opérations de LBO», a relevé le professeur, dans le cadre d’une conférence tenue par Industries & Finances. 16,5% des opérations de build-up du panel affichent un retour sur investissement inférieur à un (perte partielle) et 6,2% un retour nul (perte totale), contre des parts de 19,6% et 7% pour les opérations classiques.

En période de crise, «il est plus facile de trouver des vendeurs dans le cadre d’opérations de build-up que pour d’autres opérations. Le build-up repose en effet sur une logique de renforcement permettant à la société d’être plus mise à l’abri. Cela amortit par ailleurs les chocs, les différentes activités d’un groupe étant rarement touchées au même moment», rappelle Pierre Mestchersky, associé fondateur d’Industries & Finances.

Selon Oliver Gottschalg, le build-up, par rapport au LBO classique, tend également à limiter l’effet de levier, à créer de la valeur en favorisant les synergies et à mettre l’accent sur le long terme.

La stratégie d’acquisition par des sociétés sous LBO semble par ailleurs afficher un taux de réussite supérieur à celui des opérations de fusions-acquisitions, réalisées par des acteurs industriels. «De nombreuses recherches académiques soulignent qu’en moyenne, lors d’une opération de fusion-acquisition, le retour pour les acquéreurs est faible, voire négatif. Plus de 50% de ces opérations se révèlent être des échecs, détruisant de la valeur pour les actionnaires de l’acheteur», indique Oliver Gottschalg.

A la différence des acteurs industriels, les fonds de LBO ont le choix des secteurs dans lesquels investir, certains se prêtant plus à des opérations de rapprochement du fait par exemple de leur atomisation, estime Pierre Mestchersky. Par ailleurs, le fonds dispose des moyens pour aligner les intérêts des dirigeants impliqués dans le programme de build-up.

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